Cet article est publié dans Brèves, marqué avec , , .
Nombre de lectures : 3411

Partager...
  • 18
  •  
  •  
  •  
  •  

Du linge sale « Made in China »

En 2008, des bottes et des canapés « Made in China » font la Une. En cause, le diméthylfumarate, un fongicide qui provoque des cas graves d’allergie. En octobre dernier, une petite fille de 4 ans déclenche une allergie grave après avoir porté des vêtements « Made in China » imbibés de diméthylfumarate. Pourtant, définitivement interdit en 2012 en Europe, le diméthylfumarate se retrouve encore dans de nombreux produits « Made in China ».

made in china

Le fongicide diméthylfumarate dans les vêtements « Made in China »

La hantise des fabricants chinois est l’apparition de tâches de moisissure sur les produits (chaussures, canapés, vêtements…) pendant leur stockage ou leur transport. Pour remédier au problème et éviter un retour des produits, ils y glissent des sachets de diméthylfumarate.

En juin 2008, Conforama rappelle plusieurs milliers de fauteuils importés de Chine. Ils contiennent ces petits sachets anti moisissure imbibés de diméthylfumarate.

En novembre de la même année, c’est au tour d’Etam de rappeler plusieurs modèles de chaussures importés de Chine et dotés de diméthylfumarate.

60 millions de consommateurs lance alors un appel à témoins. Résultats plusieurs clients se plaignent de brûlures, démangeaisons, eczémas aigus… après avoir utilisé ou porté des produits importés de Chine.

En décembre 2008, la France limite la commercialisation du fongicide diméthylfumarate, responsable de plusieurs cas d’allergies graves. L’importation de tout produit contenant du diméthylfumarate n’est plus autorisé à être commercialisé en France en 2008 et dans l’Union Européenne en 2009 pour une durée d’un an à renouveler tous les ans.

Malgré cette restriction, en 2010, c’est Carrefour qui déchante en rappelant plusieurs chaussures « Made in China ».

 

 

 

Le fongicide diméthylfumarate interdit dans l’Union Européenne

En mai 2011, l’Anses reconnaît les effets irritants du diméthylfumarate

En juin 2012, l’utilisation et la mise sur le marché du diméthylfumaratede en concentration supérieure à 0,1 mg/kg sont interdites dans toute l’Union européenne. La substance est inscrite à l’annexe XVII du règlement Reach (concernant l’évaluation, l’autorisation et les restrictions des substances chimiques en Europe).

Et pourtant au mois d’octobre 2012, une petite fille de 4 ans est victime du diméthylfumarate. Après avoir porté la jupe et le tee-shirt offerts par sa mère pour son anniversaire, elle déclenche quelques heures plus tard une allergie grave. Son corps et son visage sont couverts de plaques. Un dermatologue confirme, après des tests, que l’allergie est due au diméthylfumarate.

 

 

Claudette Lemoine présidente de l’association des victimes des fauteuils contaminés précise que le problème perdure encore. L’histoire de la petite fille n’est pas isolée sachant que plusieurs cas sont signalés chaque année impliquant le diméthylfumarate. Elle précise que les meubles, les objets, les vêtements… en provenance de Chine sont contaminés par le diméthylfumarate.

Les associations demandent des contrôles plus accrus aux frontières et de ne plus importer de produits « Made in China » tant que la Chine ne respecte pas les normes.

 

Des scandales « Made in China » à répétition

Du lait contaminé à la mélamine, des bonbons chinois « White Rabbit » à la mélamine, les jouets Mattel dont les fameuses poupées Barby à la peinture de plomb et contenant des traces de phtalates, des vêtements imbibés de produits toxiques, du cuir avec des  sels de chrome, des métaux lourds… la liste des scandales est longue.

Dans un reportage d’Arte, « Du poison dans nos vêtements« , les grandes marques comme H&M, C&A, Esprit, Zara,  etc. sont clairement citées comme utilisant des produits toxiques dans leur vêtements. La Chine n’est pas la seule en cause, l’Inde ou le Bangladesh utilisent aussi les mêmes procédés de fabrication.

 

(Si la connexion pour lire la vidéo tarde, accédez directement au site d’Arte.)

 
L’étude «Dirty laundry 2» de Greenpeace cite quant à elle quatorze grands fabricants de vêtements, dont Nike, Lacoste ou H&M, etc. qui utilisent des traces d’éthoxylates de nonylphénol (NPE), toxique pour la reproduction et la croissance des êtres vivants.

Dans son premier rapport «Dirty laundry »  Greenpeace dénonçait les effets désastreux sur l’environnement  des produits toxiques utilisés par les grandes marques internationales du textile. (Lire l’article : Campagne DETOX de Greenpeace : Puma et Nike s’inclinent)

 

La mauvaise réputation du « Made in China »

made in china Les produits « Made in China », au tarif très compétitifs, envahissent le marché international depuis 2005 grâce à la levée des quotas d’importation (en 2005 puis en 2008). Mais la Chine ne veut plus être l’atelier du monde. Depuis 2008, la Chine commence à investir en Europe, devenu un territoire très attractif, la crise aidant. En 2011, elle investie 10 milliards d’euros.

L’objectif de la Chine est de se rapprocher des marchés européens pour être au plus près des consommateurs. Elle vise des secteurs stratégiques : énergie, industrie automobile, industrie chimique, électronique et infrastructures.

La Chine communique désormais sur la beauté et le fonctionnel de ses produits. Mais la mauvaise réputation du « Made in China », bien encré dans les mémoires, risque de freiner cette belle avancée en territoire occidental.

Le rapport annuel de 2011,  Rapex, (système d’alerte rapide de la Commission européenne pour les denrées non alimentaires) risque de ne pas aider l’empire du Milieu à effacer son image « Made in China », synonyme de mauvaise qualité. Selon le rapport Rapex, 54 % des produits signalés dangereux sont d’origine chinoise. Concernant les jouets et les vêtements, le pourcentage est plus proche de 80 % ».

 

Sources :
franceinfo.fr : Vêtements « made in China » : une petite fille de 4 ans fait une violente allergie.
> 60millions-mag.com : Le diméthylfumarate enfin interdit !
lemonde.fr : Quand le « made in China » se transforme en « made in Europe »
> arte.tv : La Chine investit doucement mais sûrement en Europe
> laviedesidees.fr : Investissements chinois en Europe : un défi politique
> leplus.nouvelobs.com : Le « made in China » peut-il se refaire une beauté ?
arte.tv : Du poison dans nos vêtements
> marianne.net : Textile et cuir venu d’Asie : chics, pas chers et toxiques
> wwf.fr : Lancement du guide «Eco-conception des produits textiles-habillement»
anses.fr : Diméthylfumarate et homologues
europolitique.info : rapport annuel du système d’alerte rapide de la Commission européenne pour les denrées non alimentaires (Rapex)
greenpeace.org : Dirty Laundry 2
lecercle.lesechos.fr :La réputation, talon d’Achille du sprinter chinois


Partager...
  • 18
  •  
  •  
  •  
  •