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Échec du plan Ecophyto : encore plus de pesticides, mais  « La révolution culturelle est en marche »

La France peine à réduire l’usage des pesticides. Entre 2012 et 2013, l’utilisation des produits phytosanitaires a augmenté de 9,2 %. Malgré l’échec du plan Ecophyto « la révolution culturelle est en marche ».

 

 

Dans son rapport « Pesticides et agro-écologie : les champs du possible » du 23 décembre 2014, Dominique Potier, député de Meurthe-et-Moselle et agriculteur certifié bio depuis 1998, explique :

« Six ans après son démarrage fin 2008, le plan n’a pas eu les résultats espérés, puisque les indicateurs de suivi quantitatif global des usages ne montrent pas de tendance à la baisse. »

Le Plan Ecophyto est lancé fin 2008. Son objectif est de réduire de 50 % l’usage des pesticides d’ici 2018 en zone agricole et non agricole, en conciliant performance écologique, performance économique et santé publique. Mais le bilan de 2013 témoigne d’une habitude française difficile à transgresser. De 2012 à 2013 l’utilisation de pesticides a augmenté de 9,2 % et sur la période de 2009 à 2013, de 5 % en moyenne.

 

Les raisons :

  • un printemps humide et un été sec en 2013 ont favorisé l’utilisation des pesticides,
  • une baisse des revenus des exploitants,
  • une forte pression parasitaire sur l’ensemble des cultures en 2012 et 2013 (mildiou, oïdium et pourriture grise).

 

Extrait du rapport « Pesticides et agro-écologie : les champs du possible » :

« Pendant ses six premières années, le plan a mis en place plusieurs dispositifs structurants et de grande ampleur, que la mission considère comme des conditions nécessaires, mais non suffisantes pour atteindre ses objectifs. En effet, le plan n’a pas d’emprise sur les leviers majeurs de l’usage des pesticides que constituent le choix des cultures, des systèmes de culture et des assolements, ainsi que les stratégies d’aménagement et de gestion de l’espace. »

 

Dominique Potier :

« Et pourtant, la révolution culturelle est en marche. On la sent chez les consommateurs autant que chez les producteurs, qui ne supportent plus d’être perçus comme des pollueurs. Et aussi pour des raisons de marché. »

 

Les priorités préconisées par Dominique Potier :

  • développer l’agronomie : la diversité des cultures et la rotation,
  • réaliser un effort « considérable » de recherche et d’innovation,
  • opter pour des variétés plus résistantes,
  • développer les alternatives comme le bio-contrôle (insectes, plantes, algues),
  • soutenir la modernisation de l’agroéquipement et des équipements de pointe.

 

La Ministre de l’Écologie prévoit d’interdire d’ici 2016, l’usage des pesticides dans les jardins publics. Elle a annoncé une campagne de surveillance des pesticides dans l’air et souhaite multiplier par dix le nombre d’agriculteurs formés aux méthodes alternatives.

 

Sources :
> developpement-durable.gouv.fr : « Pesticides et agro-écologie : les champs du possible »
> agriculture.gouv.fr : Tendances du recours aux produits phytosanitaires de 2008 à 2013
> actu-environnement.com : Vers un nouveau plan Ecophyto en 2015
> tempsreel.nouvelobs.com : La France reste la patrie des pesticides

 



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