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Facture d’eau des ménages : La pollution par les nitrates d’origine agricoles pèse très lourd

Alors que le gouvernement français vient d’autoriser l’augmentation des quantités d’azote épandues sur les terres agricoles, une étude du ministère de l’Écologie et du développement durable pointe du doigt le coût très élevé du traitement de l’eau lié à la pollution par les nitrates d’origine agricoles.

Facture d’eau des ménages : La pollution par les nitrates d’origines agricoles pèsent très lourd

Mardi 11 octobre dernier, le Premier ministre et les ministres de l’Agriculture et de l’Écologie ont signé un décret modifiant le calcul du plafond de l’épandage d’azote, augmentant ainsi selon les associations de protection de l’environnement de 20 % les quantités épandues sur les sols agricoles. On a tous en tête l’explosion des algues vertes en Bretagne liée aux rejets et à l’épandage des nitrates d’origine agricoles.

Epandage de lisier

Epandage de lisier. Dégradation de la qualité des eaux liée aux excédents de nitrate.

Depuis longtemps, nos factures d’eau supportent un surcoût énorme pour limiter les quantités de nitrates dans notre eau potable. Un rapport intitulé « Coûts des principales pollutions agricoles de l’eau » publié en septembre 2011, émanant du Commissariat Général au Développement Durable, un service du ministère de l’Environnement, fait débat.

« Plus d’un milliard d’euros. C’est ce que coûterait aux ménages français la dégradation de la qualité des eaux liée aux excédents d’engrais azotés et de pesticides d’origine agricoles, selon le Conseil général au développement durable (CGDD) qui a publié le 30 septembre une étude sur le sujet. Les impacts financiers directs sur les dépenses annuelles des ménages se situent au minimum dans une fourchette de 1.010 à 1.530 millions d’euros. Ainsi, comme l’a déjà fait remarquer le Conseil d’Etat en 2010, le principe pollueur-payeur est loin d’être appliqué. »

 

 

Pour se rendre compte du budget pharaonique que cela représente, voici les chiffres indiqués dans le rapport.

Services d’eau et d’assainissement : Total des surcoûts évalués pour les ménages : 1010 à 1530 millions d’€/an

  • Aides à l’agriculture des agences de l’eau via la facture d’eau domestique : 60 à 70M €/an
  • Nettoyage des captages eutrophes et pertes de charge des conduites d’aspiration: 60 à 100M €/an
  • Traitement des pollutions agricoles dans l’eau potable et les eaux usées : 480 à 870 M€/an
  • Utilisation de nouveaux captages plus éloignés : 20 à 60 M€/an
  • Mélange des eaux brutes : 20 à 40 M€/an

Autres charges supportées par les ménages français : 370 à 390 millions d’€/an

  • Consommation d’eau en bouteille (uniquement liée aux nitrates) : 220 M€/an
  • Collecte et traitement des bouteilles : 10 M€/an
  • Filtrage de l’eau du robinet à domicile : 140 à 160 M€/an

Pertes estimées pour les collectivités locales, les opérateurs de la pêche et du tourisme : 100 à 150 millions d’€/an (évaluation partielle et ancienne)

  • Pertes de recettes dues à l’eutrophisation 70 à 100 M€/an
  • Nettoyage des littoraux (algues): 30-50 M €/a

 

Tous ces chiffres nous donnent le vertige.

Dans le même temps, les agriculteurs et les éleveurs ont l’impression de servir de boucs émissaires. Les systèmes de productions actuels sont encore basés sur un type d’agriculture productiviste et intensif mis en place au début des années 50 et encouragés par tous les gouvernements.

Le double langage du ministère de l’Environnement, capable de valider l’augmentation de l’épandage des nitrates et dans le même temps de dénoncer les surcoûts de sa dépollution dans l’eau potable donne à notre eau potable un goût légèrement Beurk.

Sources :
> www.actu-environnement.com/
> www.ouest-france.fr
> www.developpement-durable.gouv.fr/
> www.acme-eau.org/


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