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Fuites de pétrole gigantesques dans le Delta du Niger : les populations face à une situation catastrophique

Depuis 50 ans, le pétrole est extrait du sous-sol du delta du Niger au Nigeria. Les réserves impressionnantes de pétrole ont fait la richesse des multinationales pétrolières et du gouvernement Nigérian. Depuis les populations vivent un vrai cauchemar. Pollution massive de pétrole, misère extrême, conséquences grave sur la santé…

Pollution de pétrole dans le delta du Niger

L’une des plus grandes catastrophes écologiques au monde

Le pays Ogoni au Nigeria, dans le delta du Niger, se retrouve dans une situation catastrophique depuis de longues années. La pollution par le pétrole a atteint un niveau si grave que le Programme des Nations-Unies pour l’environnement estime qu’il faudra plus de trente ans pour dépolluer le delta. En cause, l’exploitation de gisements de pétrole par la Shell et ses négligences graves, ses retards et ses incapacités à stopper les nombreuses fuites de pétrole à répétition.

 

Nigeria -L’éternelle marée noire from What’s Up Productions on Vimeo.

 

Les deux derniers événements majeurs datent des mois d’août et décembre 2008. Le 28 août, la rupture d’un oléoduc provoque un important déversement d’hydrocarbures à Bodo en pays ogonais, où vivent 69.000 personnes. Elle est stoppée le 7 novembre 2008.

« Selon Shell, 1640 barils de pétrole se sont répandus dans la nature au total.

Cependant, des experts consultés par un cabinet d’avocats du Royaume-Uni ont estimé que la quantité de pétrole déversé jusqu’à ce que la fuite soit stoppée, le 7 novembre 2008, pouvait atteindre 4 000 barils par jour. »

Pour se rendre compte de l’ampleur de la catastrophe, un baril représente 159 litres. 4.000 barils par jour, c’est l’équivalent de 636.000 litres. Pour la période allant du 28 août au 7 novembre, ce n’est pas moins de 26 millions de litres de pétrole qui ont englué le delta.

Quelques jours plus tard, le 7 décembre une nouvelle fuite a lieu, encore plus importante que la première. La Shell a indiqué que la fuite était due à une corrosion naturelle de l’oléoduc. La compagnie a finalement reconnu sa responsabilité mais n’a jamais rien fait pour dépolluer la région sinistrée, ni verser des compensations financières aux populations.

 

Un désastre et une vraie tragédie

Amnesty International, l’organisation des droits de l’homme, dans un rapport intitulé La vraie tragédie et publié ce 10 novembre 2011 dénonce la situation scandaleuse dans laquelle se trouve le delta du Niger et la responsabilité du géant pétrolier anglo-néerlandais Shell, dans la pollution par les hydrocarbures.

 

 

Francis Perrin, le Vice-président d’Amnesty International France a déclaré sur les ondes de RFI (Radio France International) le 10 novembre 2011 :

« Quand on va dans cette région, on s’aperçoit véritablement que la population patauge dans le pétrole, mange du pétrole, boit du pétrole, se baigne dans le pétrole… Donc il y a des violations multiples des droits de ces populations : droit à la santé, droit au travail, droit de vivre des produits de son travail, droit de vivre à un niveau de vie suffisant. Ce niveau de vie d’ailleurs lié aux activités vivrières, d’agriculture et de pêche pour l’essentiel. Et elles sont complètement désorganisées du fait de la pollution pétrolière sur les terres, en mer et la pollution gazière dans l’atmosphère ».

Ce désastre n’aurait jamais dû se produire si la Shell avait pris ses responsabilités immédiatement pour stopper toutes les fuites et nettoyer le pétrole. Le gouvernement nigérian, de son côté laisse faire et n’a jamais pris de mesure pour contrôler l’activité du groupe pétrolier ni faire respecter la réglementation. La justice britannique a été saisie par les populations du delta du Niger, la Shell étant une société constituée en Grande Bretagne. Amnesty International précise que la justice nigériane n’a d’ailleurs ni la volonté ni la capacité de s’occuper de cette grave pollution par la Shell.

Plusieurs milliards de dollars seront nécessaires pour dépolluer le site, restaurer l’environnement et régler les compensations auprès des habitants du delta du Niger. La Shell assure qu’elle versera des dédommagements à la hauteur de l’ampleur des dégâts. En attendant les habitants du pays Ogoni n’ont pas fini de souffrir.

Sources :
> tpe-petrole.lo.gs
> www.rfi.fr
> www.actu-environnement.com
> www.amnesty.org


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