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La lutte contre l’excision en Europe

Le 6 février célèbre la journée internationale de « la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines ». En Europe, l’ONU recense 500 000 victimes d’excision dont 60 000 en France.

La lutte contre l’excision en Europe

 

L’excision

L’excision est une pratique païenne qui remonterait au temps des pharaons. Elle consiste à ôter le plaisir sexuel de la femme pour préserver sa virginité jusqu’au mariage. C’est un rite de passage à l’âge adulte des jeunes filles. L’excision se pratique entre l’enfance et l’adolescence, 15 ans. Sans excision, pas de mariage.
Selon certains témoignages elle favoriserait la fertilité, éviterait l’adultère voire la prostitution, renforcerait la santé…

 

L’excision en Europe

C’est principalement en Afrique que l’excision féminine est pratiquée. Mais en Europe au 18e et 19e siècle, la médecine faisait appel à l’excision pour traiter des troubles mentaux (hystérie, migraines et épilepsie). Fin XIXe siècle, l’excision apparaît en Angleterre. Jusqu’en 1935, la clitoridectomie est pratiquée pour traiter le lesbianisme. En 1985, elle est devenue un acte criminel. En France, vers la fin du XXe siècle, la clitoridectomie était recommandée pour des cas d’onanisme (la masturbation). La pratique de l’excision ou de la mutilation féminine génitale est un crime depuis 1983.

L’immigration, une des causes de l’excision en Europe.
En Espagne, depuis le mois de janvier les résidents originaires de pays où existe la mutilation génitale féminine (MGF) doivent s’engager :

« à prendre soin de la santé de la/des mineure(s) dont je suis responsable et à éviter leur mutilation génitale, ainsi qu’à me présenter à une visite de contrôle au retour de voyage. »

En Angleterre, le pays européen le plus touché par l’excision avec 137 000 victimes, Maggie O’Kane, journaliste au Gardian a lancé une pétition et convaincu le gouvernement de prévenir du danger de l’excision à l’école.

Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU, a appuyé la campagne de Maggie O’Kane en lançant un appel aux journalistes :

« La mutilation des filles et des femmes doit cesser au cours de cette génération, notre génération.
Les choses peuvent changer si les médias accordent une attention soutenue aux conséquences néfastes des (mutilations) en terme de santé publique, et aux violations des droits de centaines de milliers de femmes et filles (qu’elles représentent) à travers le monde. »

 

Avis sur les mutilations sexuelles féminines (Assemblée plénière du 28 novembre 2013) :

« Les mutilations sexuelles féminines constituent l’une des violations les plus barbares des droits fondamentaux des femmes aujourd’hui ; elles sont reconnues comme une atteinte grave à l’intégrité de la personne, l’expression d’une domination physique et psychologique exercée sur les jeunes filles et sur les femmes. Elles portent atteinte au respect de la dignité humaine consacré dans la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Bien qu’illégales dans la plupart des Etats, les mutilations sexuelles féminines sont toujours largement pratiquées dans une trentaine de pays, où elles ne reculent que très lentement. Chaque année, trois millions de fillettes et de jeunes femmes subissent une mutilation sexuelle, soit une fillette ou une femme excisée dans le monde toutes les 15 secondes. En France, en 2007, le nombre de femmes et de fillettes mutilées ou menacées de l’être était estimé entre 42 000 et 61 000, soit une hypothèse moyenne de 53 000 femmes. »

 

Les Nations Unis :

« En décembre 2014, l’Assemblée générale a adopté sans vote la résolution A/RES/69/150, appelant les États à élaborer, à appuyer et à mettre en œuvre des stratégies globales et intégrées de prévention des mutilations génitales féminines, notamment en formant les assistants sociaux, le personnel médical, les dirigeants locaux, les responsables religieux et les professionnels concernés, à veiller à ce que ceux-ci offrent avec compétence des services d’accompagnement et des soins aux femmes et aux filles qui ont subi ou risquent de subir des mutilations génitales et à les encourager à signaler aux autorités compétentes les cas dans lesquels ils pensent que des filles ou des femmes sont exposées à ce risque. »

 

Le thème de cette année est  « Mobilisation et implication des personnels de santé pour accélérer la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines ».

Lire aussi le rapport de l’Unicef de 2013 : Mutilations génitales féminines / excision 

 

Sources :
> un.org : Thème 2015 : Mobilisation et implication des personnels de santé pour accélérer la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines
> who.int/ : Mutilations sexuelles féminines
> unicef.org : Mutilations génitales féminines / excision
> unicef.fr : Contre l’excision et les mutilations génitales, une mobilisation collective !
> afrology.com : Les Mutilations Génitales Féminines
> cncdh.fr : Avis sur les mutilations sexuelles féminines (Assemblée plénière du 28 novembre 2013)
> euronews.com : Mutilations génitales féminines : encore des milliers de cas impunis en Europe
> tvanouvelles.ca : La lutte contre la mutilation génitale féminine renforcée
> lefigaro.fr : Mettre fin à l’excision

 



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