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Le cauchemar des brésiliens se poursuit…

Des villages détruits entièrement par des coulées de boues toxiques et un désastre écologique durable, c’est le résultat de la rupture du barrage minier de Fundao au Brésil début novembre 2015. Samarco, la compagnie minière responsable, avertit que deux autres barrages risquent de céder.

Le cauchemar des brésiliens se poursuit

Une quinzaine de barrages instables

Le 5 novembre dernier le barrage minier de Fundao dans le sud-est du Brésil a cédé et provoqué la destruction de plusieurs villages et un désastre écologique historique.

La compagnie minière responsable est Samarco. Elle est détenue par le groupe minier du Brésil, Vale et l’anglo-australien BHP Billiton.

En 2012 la compagnie Vale s’est vue décerner le prix « Nobel de la honte », par Public Eye award pour plusieurs raisons :

  • responsable de 4 % de la production de CO2 au Brésil,
  • chaque année, le groupe Vale consomme 1,2 milliard de mètres cubes d’eau,
  • sa palme d’or, le projet de construction du barrage Belo Monte, qui va déplacer 40 000 personnes.

Les compagnies Vale et l’anglo-australienne BHP Billiton, ainsi que le gouvernement brésilien sont tenus responsables de négligence.

 

Nilo Davila de Greenpeace au Brésil :

« Il n’y avait aucun plan de surveillance, pas d’alarme prévue.

D’autres barrages ont déjà rompu il y a quelques années. Les dommages étaient moindres donc on en a moins parlé. Aujourd’hui il y a encore une quinzaine de barrages dont le niveau de risque est jugé élevé . C’est insensé. »

 

Dans un premier temps la compagnie Samarco a nié la présence de métaux lourds, mercure, aluminium, fer, plomb… Mais devant les faits, elle s’est rétractée et a fini par avouer que deux autres barrages risquaient de céder pendant la saison des pluies, (de décembre à mai).

 

Le directeur de Samarco, Germano Lopes, explique à l’AFP :

« Il existe un risque (ndl : que deux autres barrages miniers cèdent) et nous, pour augmenter la sécurité et réduire le risque, nous faisons les actions d’urgence nécessaires. »

 

Les barrages miniers en question sont ceuyx de Santarem et de Germano.

 

Des villages ruinés, une faune et une flore perdues

Le Rio Ddoce, le fleuve qui nourrissait la population, est mort. Plus d’un million de personnes sont privées d’eau. Et avant que le Rio Doce ne retrouve les prémices de sa source originelle, il faudra attendre 10 à 20 ans. Pour que la biodiversité se reconstitue, des décennies seront nécessaires.

 

Le cauchemar des brésiliens se poursuit

 

David Zee, océanographe à l’université de Rio de Janeiro :

« La faune et la végétation du fleuve seront affectées irrémédiablement ; comme les boues sont lourdes, elles vont mettre très longtemps à être évacuées par le fleuve.
L’ensemble du delta du Rio Doce va être impacté de manière très profonde et sur le long terme. »

 

Neto Barros, le maire de la ville de Baixo Guandu :

« Pour donner une idée, la quantité d’arsenic retrouvée dans l’échantillon s’élève à 2,64 milligrammes, alors que la quantité réglementaire maximale est de 0,01 milligramme. »

 

Duarte Junior, maire de Mariana, dans le Minas Gerais :

« Ici, c’est tout un écosystème : Crustacés. Poissons. Tortues. Qui a été détruit.
Un sentiment de grande tristesse et de perte… Voilà ce que ressentent les citoyens de Mariana. Avec aussi cette certitude que nous allons relever la tête et réfléchir à améliorer notre présent et notre futur.

Nous avons besoin de plus de transparences et de contrôles. Il y a par exemple au Brésil un organe national chargé de surveiller les activités minières… Mais il n’a que quatre contrôleurs pour tout le territoire.

Nous sommes incapables pour l’instant de nous passer des mines. Non, aujourd’hui non. Mais nous devons faire un premier pas. Nous avons besoin de plus de transparences et de contrôles. Il y a par exemple au Brésil un organe national chargé de surveiller les activités minières… Mais il n’a que quatre contrôleurs pour tout le territoire ! Alors que nous avons 700 barrages rien qu’au Minas Gerais. »

 


Un projet de loi qui doit encadrer les pratiques minières, le Código de Mineração, est en cours de discussion au parlement. Une majorité des députés est liée financièrement à la compagnie minière Vale. Dans ce projet de loi, il est prévu de reconnaître les industries minières comme utilité publique.

 

Sources :
info.arte.tv : Brésil : le grand désastre du Rio Doce
lefigaro.fr : Stupeur et désolation au Brésil après la rupture d’un barrage minier
sciencesetavenir.fr : Brésil: Samarco confirme le risque de rupture d’autres barrages après la coulée de boue
consoglobe.com : Le Brésil face à une catastrophe écologique sans précédent
> franceinter.fr : COP 21 : Et pendant ce temps, au Brésil…
> lemonde.fr : Catastrophe écologique au Brésil à la suite de la coulée de boue toxique

 



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