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Les navires des pays riches sont les plus impliqués dans le trafic d’armes

Le rapport du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) paru le 30 janvier 2012 nous apprend que 60 % des navires impliqués dans le trafic d’armes, de stupéfiants… sont pour la plupart établis dans les pays riches dits occidentaux. Surprenant ?

Les navires des pays riches sont les plus impliqués dans le trafic d’armes

Les trafiquants choisissent des navires battant pavillons de pays de bonne réputation

On aurait pu penser que le trafic d’armes, de drogues par voie maritime ne pouvait pas venir des bateaux provenant de l’Union Européenne, de l’Otan ou de l’OCDE. Et pourtant ! Ces pays insoupçonnables ne le sont pas tant que ça.

Dans le top 3 des états où sont basés les propriétaires de navires impliqués dans des cas signalés de trafics d’armes, de biens à double-usage et de stupéfiants on retrouve : Allemagne impliquée pour 19.5 % des cas, la Grèce pour 10,6 % et les États-Unis pour 7,6 %. Mais la Norvège, les Pays-Bas et le Danemark ne sont pas en reste. Ces pays occupent respectivement la 7e, la 10e et la 11e place..

 

Seulement 2 % des conteneurs contrôlés

conteneursLe SPIRI examine tous les incidents signalés impliquant des navires au cours des vingt dernières années. Les conclusions du rapport se basent sur des résultats impliquant seulement les navires commerciaux de plus de 100 tonnes brutes. Les méthodes utilisées par les trafiquants d’armes sont les mêmes que celles utilisées par les narco-trafiquants. Ils utilisent des circuits commerciaux légaux et cachent des marchandises illégales dans des conteneurs maritimes scellés transportés par de très gros bateaux. C’est très difficile à suivre et à déceler, d’autant plus si les bateaux battent pavillons de pays de bonne réputation.

« On contrôle au mieux 2 % des conteneurs qui arrivent dans les ports. Les propriétaires de navires et même les agents des douanes ne peuvent souvent que croire sur parole que ce qui est à l’intérieur du conteneur correspond effectivement à ce qui est indiqué sur les documents de fret », constate Hugh Griffiths.

Une précision est importante à apporter. Hugh Griffiths, coauteur du rapport indique, après avoir étudié plus de 2.500 cas depuis les années 80, que les propriétaires des navires et les capitaines ne savent pas ce qu’ils transportent. Il est très facile pour des trafiquants de cacher des armes et des stupéfiants.

Pierre de Saqui de Sannes, conseiller institutionnel France, Afrique et Moyen-Orient de l’armateur français CMA-CGM explique :

« Nous recevons les conteneurs scellés avec les documents de transport. Si nous avons des soupçons, nous pouvons ouvrir le conteneur, mais uniquement en présence du client » Si le client refuse, la compagnie peut alors ne pas accepter le chargement.

Le dilemme est grand : choisir le risque de transporter des marchandises illégales dont des armes, ou bien perdre le bénéfice du transport d’une cargaison. Il est utile de rappeler que le transport maritime représente au moins 80 % du commerce mondial. Le trafic d’armes et tous les autres, contrefaçon, stupéfiant… ont encore de beaux jours devant eux.

Sources :
> www.sipri.org
> www.actudefense.com
> www.lemonde.fr


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