Cet article est publié dans Brèves, marqué avec .
Nombre de lectures : 1943

Partager...
  • 6
  • 2
  •  
  •  
  • 5
  •  

L’indice de protection des crèmes solaires affiché est-il trompeur ?

Récemment une étude sur les crèmes solaires démontre que l’indice affiché n’est pas fiable. « 25 à 30% des produits ont un indice de protection inférieur à celui affiché sur l’emballage ».

crème Solaire

Le journal Libération relance le débat sur l’indice de protection des crèmes dans son édition du 14-15 août. Il y rapporte les conclusions de Laurence Coiffar, directrice du laboratoire Pharmacie industrielle et cosmétologie de l’université de Nantes.

Aux yeux de la scientifique, la méthode Colipa (in vivo ) pour tester l’indice de protection des crèmes solaires, reconnue par les autorités sanitaires, est inefficace.

Le débat repose sur quelle méthode à prendre en compte pour des tests fiables : in vivo (tests sur l’humain) ou vitro (tests en laboratoire) ?

La scientifique Laurence Coiffar explique : « les tests sur l’homme permettent d’obtenir des résultats plus favorables. On peut par exemple surestimer l’efficacité en ajoutant des anti-inflammatoires.« 

 

La méthode in vivo consiste à appliquer une crème solaire sur une partie du corps d’un cobaye humain. Ensuite, on compare le délais d’apparition du coup de soleil sur la zone imbibée de crème et une zone vierge sans protection.

 

Mais cette méthode, officiellement reconnue et utilisée par la cosmétique industrielle, ne prend pas en compte le fait que les vacanciers n’appliquent pas la même quantité de crème solaire (trois fois moins que la quantité utilisée dans les tests in vivo) et omettent certaines zones comme le crane, le lobe des oreilles, etc.

Elle est vivement critiquée car trop aléatoire sachant que chaque organisme réagit différemment.

coup De SoleilLa scientifique nantaise rajoute que certaines crèmes solaires contiennent des anti-inflammatoires d’origine végétale qui retardent l’apparition du coup de soleil. Le journal Libération révèle que les industriels en sont conscients et qu’ils profitent que « les anti-inflammatoires faussent les tests pour surestimer l’indice de protection. »

 

La scientifique n’épargne pas les crèmes solaires biologiques et minérales dont le taux d’indice de protection est limité à 30 selon ses tests.

« Il est impossible d’obtenir des hauts indices, de l’ordre de 50 ou 50+. Le maximum est autour de 30, à condition d’utiliser ces filtres sous forme de nanoparticules. »

 

Bien évidemment les industriels contestent les tests in vitro réalisés en laboratoire. Mais ils commencent à s’y intéresser sérieusement pour préserver leur image au regard des consommateurs.

 

Quant à l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament), qui a trouvé des résultats similaires à ceux de la chercheuse sur certains produits, explique :

« La méthode en labo est intéressante. Elle est standardisée pour la protection UVA , nous travaillons à ce qu’elle le soit pour l’UVB. En attendant, les industriels disent que les résultats sont encore trop variables selon les laboratoires et ils ont raison.« 

 

mélanomeSachant que depuis les années 80 le nombre de cancers a triplé et qu’aujourd’hui tous les ans, 10 000 cas nouveaux de mélanomes (cancer de la peau le plus grave) sont signalés, il devient primordial de sensibiliser le grand public aux effets néfastes d’une exposition au soleil.

Jouer au lézard entre 11 h et 16h est une habitude à bannir tout comme abuser des cabines de bronzage mises en cause dans l’augmentation du cancer de la peau chez les femmes.

En attendant des tests fiables pour tester l’efficacité des crèmes solaires, le principe de précaution est à privilégier.

 

Source : Journal Liberation


Partager...
  • 6
  • 2
  •  
  •  
  • 5
  •