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L’industrie alimentaire nous promet des petits plats agro-chimico-industriels

L’industrie alimentaire est prête pour produire de nouveaux produits alimentaires dans le but de nourrir une population de plus en plus nombreuse sur la planète Terre dont les ressources diminuent. Mais êtes-vous prêts à manger des Hamburgers in vitro, du fromage de synthèse, de la glu de porc malaxée, de la viande artificielle et transgénique… Bon appétit !
L’industrie alimentaire nous promet des petits plats agro-chimico-industriels

 

Le système alimentaire mondial en faillite

Une étude produite en 2011 à la demande du Gouvernement britannique par Foresight, avec le concours de 400 experts venant de 35 pays différents met en évidence la faillite du système alimentaire mondial. 925 millions de personnes souffrent de malnutrition et les ressources naturelles s’épuisent plus rapidement qu’elles ne se reconstituent.

Cette étude alerte sur la situation catastrophique et la dégradation programmée du système alimentaire mondial pour les prochaines années, due aux effets conjugués de plusieurs facteurs : changement climatique, compétition pour les ressources, croissance démographique importante avec une population mondiale estimée à 9 milliards d’êtres humains en 2050.

Les risques d’épuisement des ressources, d’aggravation de la malnutrition, d’augmentation du prix de la nourriture font entrevoir des tensions sociales importantes et des risques de conflits mondiaux. À moins que le système de production agricole et alimentaire change en profondeur d’ici là.

Les laboratoires des industries agro-alimentaire y réfléchissent déjà. Ils mettent en place des scénarios qui débouchent sur la production d’aliments « industriels » Mais, est-ce la bonne solution ? Produire toujours plus, à moindre coût sans s’occuper sérieusement des conséquences sociales, sanitaires et écologiques, semble toujours être le crédo des industriels. Et ces nouveaux produits arrivent déjà sur nos tables.

Le site Basta ! fait l’état des lieux de notre menu du futur, dans son article « Menu de synthèse : la nourriture du futur que nous concocte l’industrie agroalimentaire » publié le 27 juin 2012.

 

Vous prendrez bien un peu de saucisse de glu de porc malaxée

La pâte de « glu rose » est obtenue grâce à une centrifugeuse à haute température dans laquelle on dépose les carcasses de poulet ou de porcRien de mieux pour arranger la viande hachée des hamburgers. La pâte de « glu rose » est obtenue grâce à une centrifugeuse à haute température dans laquelle on dépose les carcasses de poulet ou de porc pour récupérer la moindre particule de viande. Tout est alors utilisable, tendons, graisses, tissus conjonctifs et aux États-Unis, cette pâte rose liquide traitée avec de l’ammoniaque est ajoutée depuis des années à la viande hachée des hamburgers et servie dans les cantines scolaires.

« Aux États-Unis, des parents d’élèves se sont mobilisés lorsque le ministère de l’Agriculture a annoncé qu’il prévoyait d’acheter plus de 3 000 tonnes de cette mixture pour les cantines scolaires. Devant la fronde populaire, McDonalds et Burger King ont annoncé en janvier qu’ils cessaient d’en ajouter à leurs steaks hachés ».

 

En plat principal, optez pour de la « viande séparée mécaniquement »

L’industrie agro-alimentaire ne manque pas d’imagination pour rentabiliser la moindre calorie produite.

« Nos installations traitent 4 500 à 6 000 têtes de bétail chaque jour, et il y a beaucoup de déchets dans le processus de fabrication », a expliqué un porte-parole de Cargill*.

*Cargill est un producteur et un négociant international de produits et de services dans les secteurs de l’alimentation, de l’agriculture, de l’industrie et de la finance.

Après avoir enlevé la viande des carcasses de bovins, les restes sont utilisés pour produire ce que l’on appelle du « pink slime », une mixture produite en déstructurant les restes de viande collés sur les os par l’action de la haute pression à travers un tamis, accompagné d’un traitement à l’ammoniaque. Le Pink slime, considéré comme « 100 % boeuf » sert alors d’additif dans les steaks hachés par exemple. 70 % des produits de bœuf haché contiendraient du pink slime.

 

 

Le pink slim se retrouve aussi dans les 700 000 tonnes de saucisses industrielles produites par an en Europe.

« En France, le volailler Doux, avec sa marque Père Dodu, a été accusé par la répression des fraudes de tromperie sur l’étiquetage : entre 2009 et 2011, il a écoulé 1 282 colis de saucisses de « poulet séparée mécaniquement » en les présentant comme « viande »… Destination : des cantines scolaires et des maisons de retraite ».

 

Pour finir, dégustez un plateau de fromages synthétiques

Faire du fromage sans lait n’est pas qu’une idée de chercheur. Il existe bel et bien.

« Son aspect, son goût et sa texture correspondent parfaitement à ceux du fromage à base de protéines laitières, vante le géant de l’agroalimentaire (Cargill ). Ils sont semblables à ceux des traditionnels fromages à pâte dure, comme le gouda, le cheddar ou le gruyère, assurant ainsi les mêmes plaisirs et satisfaction aux consommateurs. »

PizzaCe fromage chimique du nom de Lygomme™ACH Optimum ne sent pas bon le terroir. Il est composé de trois amidons, d’un galactomannane (E410, 412, 417), d’un carraghénane (E407) et d’arômes. Il est employé sur les pizzas au fromage et représente une belle économie pour les industriels, car 200 % moins cher que la mozzarella ou l’emmental. C’est ce qu’annonce Cargill, le géant de l’agro-alimentaire ! Ce dernier contient aussi de l’huile de palme et a déjà envahi le marché européen.

Si vous voyez sur une étiquette de pizza industrielle ou de lasagne, la mention galactomannane dans la liste des ingrédients, c’est qu’il s’agit de ce faux fromage. La chaîne de télévision allemande ZDF, dans un reportage, indique que l’Allemagne produit chaque année 100 000 tonnes de « faux » fromage. Cela en fait des pizzas au fromage et des lasagnes…

 

Au menu demain : animaux transgéniques, hamburgers in vitro et steak de sérum de fœtus de cheval

Les scientifiques multiplient les recherches pour produire de la viande en plus grande quantité, créer des animaux génétiquement modifiés ou même reconstituer de la viande artificielle à grande échelle. Et c’est ce qui intéresse les industriels.

Les cochons « Enviropig », génétiquement modifiés et les saumons « Frankenfish » à croissance accélérée sont en attente d’autorisation de mise sur le marché aux États-Unis. Les chercheurs en modifiant les gênes arrivent à « fabriquer » des bovins hypermusclés, insèrent des gênes de souris sur des porcs, créent des vaches génétiquement modifiées pour produire du » lait humanisé » La Chine est à la pointe de cette recherche.

La viande artificielle n’est plus un mythe et de nombreux laboratoires travaillent depuis une dizaine années sur la production de viande artificielle. Les Américains ont réussi à produire de la chair de carpe à partir de cellules prélevées. La viande produite en éprouvette, à partir de cellules souches existe déjà. Fin 2011, des chercheurs néerlandais promettaient un steak prêt à manger en 2012… Le coût du morceau de viande reste pour le moment prohibitif : 250 000 euros.

Sources :
> www.bastamag.net
> www.lexpress.fr
> www.ambafrance-uk.org