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L’or noir Nord-Américain danse avec le climat

Alors que Shell a renoncé à forer en Arctique, que Fort McMurray tente de renaître de ses cendres, Donald Trump annonce qu’il jettera aux ordures l’accord pour le climat signé dans le cadre de la COP21, afin de relancer la compétitivité des US en terme d’énergies fossiles. Les intérêts économiques de l’or noir mènent la danse malgré les alertes climatiques.

Raffinerie

 

Nouvelles toutes fraiches : le 8 juin 2016,  juste après la publication de cet article, Shell s’est résolu à céder ses droits de prospection dans l’Arctique canadien à l’ONG Conservation de la Nature Canada, qui les a confiés à son tour au gouvernement canadien, afin de créer un grand parc naturel marin.

> Courrier International du 9 juin 2016 : Dans l’Arctique canadien, Shell fait place à un parc maritime

 

Un pas en avant : Shell cesse ses forages en Arctique en septembre 2015

Quand les industriels et les chefs d’Etat retiendront-ils les leçons de leurs catastrophes écologiques passées? Un espoir se dessinait à l’horizon depuis nos dernières publications sur le sujet (voir notre article du 14 mai 2015 :  A la recherche de l’or noir en Alaska et dans le Grand Nord Canadien) : l’entreprise Shell avait annoncé qu’elle cessait ses forages en Arctique (voir notre article du 7 octobre 2015 :  Shell quitte l’arctique. C’est une bonne nouvelle pour les mergules nains !) et l’accord sur le climat signé à Paris lors de la COP21 promettait bien des engagements.

Seule, la pression écologiste n’a pas suffi à faire reculer Shell. Un accident de forage tel que la marée noire provoquée par BP en 2010 dans le Golfe du Mexique aurait eu des conséquences non moins désastreuses en Arctique. Il se trouve surtout que le résultat de l’exploration s’est révélé décevant au regard des coûts d’investissement très élevés, de conditions environnementales, humaines et climatiques difficiles et d’une réglementation compliquée.

 

Un pas en arrière : Fort McMurray poursuit ses travaux d’extraction des sables bitumineux malgré l’incendie déclaré début mai

 

Non loin de là (à quelques petits milliers de kilomètres) en Alberta, Fort McMurray, surnommé Fort McMoney, ce gigantesque site d’exploitation de sables bitumineux canadien, se réveille doucement après l’incendie qui a déjà ravagé près de 180 000 hectares de forêt au Nord de la ville. Le feu a pris en forêt, mais Noël Mamère, met en cause l’exploitation de sables bitumineux, parlant de crime écologique.

 

Noël Mamère, reporterre.net, chronique du 11 mai 2016 :

Toutes les études montrent que les régions les plus proches du Pôle Nord (ce qui est le cas de la forêt boréale du Canada) sont les plus affectées par le réchauffement, créant ainsi des conditions idéales pour que se déclenchent des incendies qui augmentent en superficie chaque année. (…) L’exploitation des sables bitumineux a donc engendré cette situation prévisible depuis longtemps.

 

Emissions de CO2, émanations toxiques, empoisonnement de l’eau et des ressources locales, épuisement des réserves, les impacts écologiques de ces exploitations fossiles ont largement été pointés par les ONG et lors de la COP21. Le groupe Total, interrogé par l’équipe de Cash Investigation dans son émission du 24 mai dernier, a signé l’accord de Paris, s’engageant à réduire ses émissions de CO2 pour atteindre l’objectif des 2°C. Il exploite pourtant les sables de Fort McKay et a récemment investi dans un projet de 12 milliards de dollars à Fort McMurray. Le site pourrait produire 200 000 barils de pétrole par jour dès 2017.

Alors que l’incendie se poursuit dans la province voisine, les habitants qui avaient été évacués un mois auparavant ont été invités à regagner les quartiers qui n’ont pas été endommagés. Les autorités appellent à la vigilance de chacun compte-tenu des risques d’intoxication, à l’arsenic notamment.

Ici Radio-Canada, Karen Grimsrud, médecin en chef des Services de santé de l’Alberta le 31 mai 2016 :

« Le pH de la cendre est élevé, ce qui peut provoquer des irritations sur la peau et des brûlures des voies respiratoires. »

La docteure préconise le port des pantalons longs, des chandails à manches longues ainsi que des gants, pour les évacués qui rentreront chez eux le 1er juin.

 

Malgré ces risques et sans remettre en cause l’impact nocif de leurs activités, les compagnies pétrolières se sont déjà organisées fin mai pour rapatrier 4000 salariés, afin de reprendre les travaux d’extraction et de transformation des sables bitumineux au plus vite !

Evolution des températures de 1850 à 2100

Simulation de Jay Alder, US Geological Survey / Animation d’Ed Hawkins, climatologue au National Centre for Atmospheric Science at the University of Reading

 

21 pas en arrière sur les énergies fossiles avec Donald Trump

Donald Trump, ouvertement climato-sceptique, annonçait au même moment jeudi 26 mai que s’il était élu président (ce dont il ne doute pas), il reviendrait sur les accords de Paris qu’il accuse de tuer l’emploi et le commerce et relancerait notamment le projet de construction de l’oléoduc Keystone XL, transportant les sables bitumineux de l’Alberta vers les raffineries américaines …

 

Dernières nouvelles :

> Courrier International du 9 juin 2016 : Dans l’Arctique canadien, Shell fait place à un parc maritime

Sources :

> siencesetavenir.fr : Shell renonce à ses forages, controverses en Alaska

> reporterre.net : L’incendie d’Alberta, parabole de l’époque
> reporterre.net : L’incendie de Fort McMurray, crime écologique des exploitants d’énergies fossiles

> Cash Investigation: Emission du 24 mai 2016

> ici.radio-canada.ca : Retour à Fort McMurray : ce qu’il faut savoir

> Climate Lab Book : Spiralling global temperatures

> USGS : Simulated global temperature change


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