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Plaisance, plage, coquillages et crustacés

Balade en mer, pêche à pieds, pique nique sur la plage… un rituel estival où les touristes se lâchent et en oublient les bons gestes écologiques.
La prise de conscience de l’urgence de changer nos comportements face à la mer ne s’accompagne pas toujours d’actions.

dechets Plaisanciers

 

Les amateurs du jeté d’ancre

Quelques jours par an, les plaisanciers du nautisme jetent l’ancre pour chercher un endroit calme et tirer la chasse.
La navigation de plaisance en évolution constante n’est plus seulement réservée à une élite. Un loisir devenu si populaire qu’il pose des problèmes de gestion des déchets dans les ports et au delà : piles, batteries, huiles de vidange, solvants acides, matière plastique, résine, pots de peinture usagés, eaux de carénage, eaux usées, eaux pluviales, etc…

David Beaulieu de l’association Echo-mer est le sur le terrain depuis 10 ans. Il explique dans une interview de Sud Ouest :

« Avec ces dix ans de recul, je constate qu’il n’y a pas beaucoup d’efforts réalisés. Or, il ne faut jamais perdre de vue que la mer est l’ultime réceptacle de tous nos comportements. » « En fait, la gestion des déchets portuaires n’est pas homogène. Et souvent, elle est fonction des moyens financiers des concessionnaires. Prenons l’exemple des fusées de détresse périmées. Cela fait dix ans que je dis qu’il faudrait un point de collecte cohérent pour que les plaisanciers sachent où les déposer. Or, que deviennent ces fusées ? On les retrouve dans les bennes à ordures. Faut-il attendre qu’un gosse se fasse péter une main pour agir ? »

Pour en savoir plus lire le « Guide de Gestion des déchets Portuaires » édité par l’association Echo-Mer.

La pêche à pied

La pêche à pied sur l’estran (zone entre basse et haute mer) est un loisir prisé par les estivants. Seulement la méconnaissance des pêcheurs de palourdes, de moules… de cet écosysteme fragile, détruit la faune et la flore du littoral. D’où la nécessité de s’informer sur les zones interdites et les techniques traditionnelles de pêches à pied.

Exemples de conseils :

  • ne pas utiliser d’outils destructeurs pour le milieu. Il existe des outils homologués ;
  • ne pêcher que le nécessaire à sa consommation pour ne pas piller la ressource ;
  • respecter les tailles minimales de capture fixées par la règlementation (préservation des espèces) ;
  • replacer les cailloux retournés dans leur position initiale et ainsi respecter la faune (le retournement provoque une perte de biodiversité de l’ordre de 30 %, ce qui est considérable) ;

En savoir pluswww.observatoire-eau-bretagne.fr

 

Des plages à mégots… aux larmes de sirène

déchets Plaisanciers

Depuis 40 ans l’association Ocean conservancy nettoie régulièrement les plages. Elle place le mégot au top de son hit des déchets plagistes. Elle précise toutefois que les mégots des plages proviennent aussi de la ville : fumeurs de terrasse ou des rues, vos mégots filent dans les égouts et reviennent sur nos plages.
La distribution des cendriers de plage n’a pas eu l’impact souhaité alors cette année La Ciotat dans les Bouches du Rhône expérimente une plage non fumeur.

Mais le déchet phare qui envahit nos plages est le plastique : restes de pique-niques, jouets, bouteilles, sacs plastiques… Il représente à lui tout seul 80% des déchets en mer. Un gobelet, une bouteille en plastique se décompose et se transforme en larmes de sirènes, des petites billes qui inondent nos plages.

Certains pensent qu’il faudrait ne pas nettoyer les plages avant l’arrivée des touristes juste pour :

  • marquer les esprits en laissant les déchets sur place,
  • préserver les plages du grand nettoyage mécanique (au tracto-pelle) qui détruit l’écosystème des laisses de mer ( algue et détritivores) pour le bien-être des adeptes de la plage.
biodégradabilité des déchets en mer

Source : L'Estey Malin, N°11, Juillet-Août 2004, édition Bassin Commerce Proximité Promotion BC2P

Le Pavillon bleu

pavillion Bleu78% des français choisissent des plages ornées du Pavillon Bleu confirmant des eaux de baignade presque saines toute l’année. Le label bleu est une référence mais il se concentre sur les zones touristiques et les prélèvements se font en général autour de l’été. Pourtant la pollution atteint toutes les zones du littoral.
Cette année 358 plages et 84 ports se sont vus décernés le label écolo.

Le plus gros progrès est à relever du côté de l’éducation à l’environnement. Beaucoup d’activités sont proposées pour expliquer le tri des déchets, l’environnement dans la commune. » explique Pascale Crouzier responsable du label Pavillon Bleu en France.

Si les plaisanciers, les juillettistes et les aoûtiens prenaient soin de mieux connaître l’écosystème du littoral ils auraient des gestes plus justes.

Sources :