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Pneus, plaquettes de freins et usure des routes, grands émetteurs de particules fines, comme les moteurs diésel…

On le sait tous : les voitures diésel émettent des particules fines en quantité importante. À tel point que de nombreuses villes d’Europe et du monde ont déjà fermé leurs portes aux véhicules les plus polluants. Ce qu’on sait moins en revanche et cela peut même être une surprise pour bon nombre d’entre nous, c’est que l’usure des pneus, des plaquettes de freins et des routes produit presque autant de microparticules.

Particules fines diésel

 

Une pollution qui inquiète

Le dernier rapport, publié en octobre 2014 par Airparif, sur la qualité de l’air à Paris apporte comme à son habitude son lot d’inquiétudes, même si certains facteurs de pollution diminuent. Le rapport ne porte pas sur l’ensemble de la France, mais bien sur la qualité de l’air en région Ile-de-France, une zone très densément peuplée où le nombre de véhicules circulants est énorme.

La ville de Paris et sa couronne sont asphyxiées par un fort trafic routier. Parfois les conditions météo, combinées à ce trafic provoquent plusieurs pics de pollution par an. La qualité de l’air est fortement dégradée et les personnes les plus fragiles sont les premières atteintes.

Les éléments qui entrent dans la pollution de l’air sont classés selon plusieurs catégories :

  • particules PM 10, PM 2.5, PM 1
  • dioxyde d’azote (NO2)
  • ozone (O3)
  • benzène (C6H6)
  • benzo(a)pyrène et autres hydrocarbures aromatique polycycliques (HAP)
  • métaux : plomb, arsenic, cadmium et nickel
  • monoxyde de carbone (CO)
  • dioxyde de souffre (SO2)

Tous ces éléments sont toxiques. Ils ont un impact sur la santé, sur l’environnement. Une attention particulière est portée sur les particules fines liées au trafic routier. On a l’habitude de les attribuer uniquement aux véhicules diésel. L’équipement des voitures plus récentes, avec le pot catalytique, permet de réduire les émissions de particules fines. Mais aujourd’hui, d’autres éléments provoquant l’émission de particules fines ont été mis en évidence.

 

Freiner avec son véhicule produit des particules fines

Toujours pour reprendre les chiffres du dernier rapport de l’association Airparif de surveillance de la qualité de l’air en région Ile-de-France, la part de particules fines liée au trafic routier se décompose de la façon suivante : 41 % des particules polluantes émises par le trafic routier en Ile-de-France proviennent des pneus, des plaquettes de frein et de l’abrasion des routes. Le diésel compte pour 55 %.

Ces chiffres mettent en lumière une nouvelle façon d’appréhender la pollution. Une voiture essence va produire des émissions de particules fines. Une voiture hybride ou électrique aussi.

Pour l’Institut de sciences appliquées (INSA) de Lyon, l’usure des plaquettes produirait 20 000 tonnes de poussières par an en France.

Pour un véhicule type Renault Scénic, le freinage engendre une production d’environ 30 milligrammes (mg) de particules par kilomètre parcouru. À titre de comparaison, la norme Euro 6, qui s’appliquera à tous les véhicules neufs à compter du 1er septembre 2015, limitera à 5 mg/km la masse de particules émises par les diesels, et 4,5 mg/km celle des moteurs essence, soit six fois moins. Même les voitures électriques ne peuvent être considérées comme propres : sur ce type de véhicule, les freins sont certes moins sollicités, mais ils libèrent eux aussi des particules.

 

Ces nouveaux éléments concernant les émissions de particules fines vont en tout état de cause remettre en question la stratégie mise en place pour lutter contre la pollution de l’air dans les villes et agglomérations. Certains états des États-Unis ont adopté une loi visant à faire disparaître le cuivre des plaquettes de frein pour 2025. En Europe, la Commission européenne souhaite réduire ces émissions issues de l’abrasion, avec un objectif de réduction de 50 % à l’horizon 2020.

Néanmoins, pour les pouvoirs publics, « les gaz d’échappement demeurent la question prioritaire », reconnaît Gilles Aymoz, responsable du service qualité de l’air à l’Ademe. Alors que le diesel a été classé comme cancérogène par l’Organisation mondiale de la santé en 2012, en France, les deux tiers du parc de véhicules privés ne sont pas équipés de filtres à particules.

 

 

Sources :
> www.science-et-vie.com/ – Les pneus, les freins et l’usure des routes émettent presque autant de microparticules que le diesel
> www.lemonde.fr/– Le diesel n’est pas seul responsable de la pollution automobile

> Source du visuel : Ruben de Rijcke – Wikimedia Commons

 

 



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