Cet article est publié dans Dossiers, marqué avec , , .
Nombre de lectures : 2237

Partager...
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

2014, une année noire pour les forêts

En 2014, 18 millions d’hectares de forêt ont disparu. Depuis 2001, 2014 est l’année la plus noire pour les forêts et principalement les forêts tropicales qui ont perdu 9,9 millions d’hectares. Le Brésil et l’Indonésie sont souvent cités, mais la déforestation va bien au-delà. L’élevage de bétail et l’agriculture sont les deux grandes raisons de la déforestation.

2014 une année noire pour les forêts

2014, 18 millions d’hectares de forêt disparus

Lorsque nous parlons de déforestation nous pensons d’abord à l’Amazonie au Brésil ou encore à l’Indonésie. Ce sont les deux pays qui possèdent la plus grande superficie de forêts dans le monde. Depuis une dizaine d’années le Brésil a réduit de 70 % sa déforestation. L’Indonésie, quant à elle, poursuit la réduction de sa déforestation dans certaines zones. Mais cela n’a pas empêché en 2014 la hausse de la perte d’hectares de couvert forestier dans ces deux pays rapporte le World Ressources Institute. Et le Brésil et l’Indonésie sont loin d’être les pays les plus touchés en 2014.

Au Paraguay se trouve la région du Gran Chaco, qui s’étend en partie sur les territoires de l’Argentine, de la Bolivie et du Brésil. La forêt paraguayenne de cette grande région paye un très lourd tribut, dû principalement à la croissance exponentielle de l’élevage bovin. Selon l’outil de détection satellitaire Terra-i, le premier outil de détection et de surveillance satellitaire en temps quasi-réel de la déforestation en Amérique latine, le Gran Chaco paraguayen a perdu, lors de la dernière décennie, plus de 2,5 millions d’hectares de forêt. La déforestation n’a cessé de s’accélérer en 2014 au Paraguay.

Alberto Yanosky, directeur de l’ONG paraguayenne Guyra Paraguay : 

« Les forêts sèches du Gran Chaco n’attirent pas autant l’attention que l’Amazonie. Pourtant, elles abritent une très riche biodiversité et sont le lieu de vie de nombreux peuples indigènes. Ces nouvelles données montrent que nous avons besoin d’un engagement plus fort de la communauté internationale pour s’assurer que l’élevage et la culture du soja ne conduisent pas à la destruction de notre habitat. »

La déforestation la plus dévastatrice de 2014 est observée au Cambodge, dans la région du bassin du Mékong. Entre 2001 et 2014, elle a augmenté cinq fois plus vite que dans le reste du monde.
L’ Afrique de l’Ouest et le bassin du Congo ont connu aussi une hausse rapide. Les causes : la culture de l’huile de palme et l’extraction de bois.

 

 

Depuis 25 années, la déforestation a diminué de 50 %

Le dernier rapport de la FAO note que depuis 1990, 129 millions d’hectares de forêts ont disparu soit l’équivalent de l’Afrique du Sud ou encore à deux fois la superficie de la France. Mais pour la FAO, malgré cette perte de couverture arborée, la déforestation a diminué de 50 % depuis 25 années et ce, grâce à une gestion plus durable des forêts.

 

Le rapport de la FAO confirme que les forêts tropicales sont les plus fragiles : 

« Les progrès ont été les plus marqués dans les zones tempérées, mais hautement variables dans les tropiques, où la capacité à faire respecter les politiques, les lois et règlements sur la gestion durable des forêts demeure inégale.

L’analyse a confirmé que malgré l’intensification des efforts de conservation depuis vingt-cinq ans, le risque d’une baisse de la biodiversité, trouvant écho dans la dégradation ou l’amenuisement de la forêt primaire, perdure toujours et continuera vraisemblablement de perdurer. »

 

Étonnant ces chiffres sur la déforestation

Pour la FAO, la déforestation est en perte de vitesse soit moins 50 % en 25 ans. Pour la plate-forme Global Forest Watch, l’année 2014 a détruit 18 millions d’hectares. Pour la FAO, tous les ans en moyenne ce sont 5 millions d’hectares qui s’effacent de la planète.

Pourquoi tant de différence dans les chiffres?

Si José Graziano da Silva, directeur général de la FAO, affirme que les chiffres de l’ONU n’ont jamais été aussi fiables, il est pourtant impossible aujourd’hui de connaitre la réalité sur la déforestation. Sur le site du journal Le Monde, Charles Doumenge, spécialiste en écologie forestière et conservation de la biodiversité au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), explique que les méthodes ne sont pas les mêmes. Selon le satellite utilisé, les images obtenues auront une résolution plus ou moins précise. La surface et la hauteur d’une forêt n’est pas définie de la même manière. Pour la FAO à partir de 10 % de surface arborée, c’est une forêt. Une partie des données de la FAO provient des gouvernements et certains n’hésitent pas à gonfler les chiffres sur la déforestation pour prétendre à des aides financières déployées par la REDD (Réduction de la déforestation et de la dégradation forestière)…

Bref comme le souligne, lundi 7 septembre 2015, José Graziano da Silva lors de la présentation du rapport à Durban, en Afrique du Sud, au XIVe Congrès forestier mondial :

« Les forêts jouent un rôle fondamental dans la lutte contre la pauvreté rurale en assurant la sécurité alimentaire et en fournissant aux gens des moyens de subsistance. Elles offrent aussi des services environnementaux vitaux comme l’air pur et l’eau tout en participant à la conservation de la biodiversité et à la lutte contre le changement climatique. »

 

 

Sources :

wri.org : Les Satellites Détectent 5 Points Majeurs Imprévus de Perte de la Couverture Arborée
wri.org : RELEASE: New Global Data Finds Tropical Forests Declining in Overlooked Hotspots
globalforestwatch.org
fao.org : La déforestation mondiale ralentit car de plus en plus de forêts sont mieux gérées
fao.org : Évaluation des ressources forestières mondiales 2015. Comment les forêts de la planète changent-elles ?
lemonde.fr : Mesurer la déforestation, un « travail complexe »
pixabay.com: Image

 



Partager...
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •