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Huile de Palme, mauvaise graisse ?

Depuis l’évocation d’une taxe Nutella, qui vise l’huile de palme, les amateurs de la fameuse pâte à tartiner s’inquiètent sur sa qualité nutritionnelle. L’huile de palme est-elle une mauvaise graisse ?

huile Palme

 La taxe Nutella

nutellaDepuis 1964, Nutella s’impose comme la pâte à tartiner par excellence. Pourtant l’italien Ferrero est la cible de nombreux bad buzz : présence de phtalates, de DEHP ou encore d’OGM.

Aujourd’hui c’est la dose d’huile de palme contenue dans le pot de Nutella qui dérange.

Suite à l’amendement Nutella, concernant la taxe sur l’huile de palme, la marque italienne Ferrero fait face à un nouveau bad buzz. Pour contrer les critiques du web, Ferrero lance le débat via les réseaux sociaux en ouvrant un compte twitter « Nutella parlons-en ».

Ferrero communique :

« Être une grande marque, c’est une grande responsabilité. C’est pourquoi nous avons toujours fait des choix responsables dans la sélection de nos ingrédients (…) Contrairement aux idées reçues, l’huile de palme n’est pas dangereuse pour la santé. Une tartine de Nutella contient moins de matières grasses saturées que la plupart des goûters ou petits déjeuners. »

Ferrero recommande 60g de Nutella par jour. Pour les accrocs, sachez que 100g de Nutella correspondent à 3 cuillères à soupe d’huile.

Les nutritionnistes donnent raison à Ferrero. L’huile de palme n’est pas mauvaise pour la santé si elle est consommée avec modération. Tout est question d’équilibre comme avec n’importe quelle substance.

 

 

L’huile de palme, mauvaise graisse pour la santé ?

L’huile de palme contient 50 % d’acides gras saturés, des graisses nocives à l’organisme si elles sont absorbées avec excès. Elles favorisent le diabète, provoquent inflammation des cellules voire leur mort et augmentent le taux de cholestérol dans le sang, des facteurs idéaux pour l’athérosclérose et les maladies cardiovasculaires.

Certes l’huile de palme n’est pas mauvaise pour la santé si elle est consommée modérément. Seulement, l’huile de palme (issu du fruit) et l’huile palmiste (issu du noyau), se retrouve dans nombreux produits :

  • alimentaires (viennoiseries, plats préparés, pâtes à tartiner, pizzas, chips etc.),
  • cosmétiques (savons, shampoings, dentifrices, etc.).

Les produits Bio ne sont pas épargnés. Certains industriels rajoutent de l’huile de palme juste pour apporter un petit côté flou aux boissons citronnées.

 

Les nutritionnistes rappellent qu’effectivement l’huile de palme n’est pas nocive à petite dose mais déplorent le manque de clarté des étiquetages. Les industriels ont la fâcheuse habitude d’informer au minimum les consommateurs. Difficile alors, de connaître les doses d’huile de palme contenues dans les produits industriels.

Sur les étiquettes, l’huile de palme est nommée huile ou graisse végétale, Mono et di-glycéride d’acide gras, E471, etc. Les marques utilisent une soixantaine d’appellations différentes. En 2014, une nouvelle réglementation européenne obligera les industriels à préciser l’origine de chaque huile végétale sur les étiquettes.

 

 

L’huile de palme, un atout industriel

Un aspect pâteux et onctueux

La taxe Nutella a l’avantage d’amener le débat. Si les industriels sont si friands de l’huile de palme dans la composition de leurs produits c’est qu’elle est peu chère et apporte un aspect pâteux et onctueux.

Sa particularité est qu’elle est hydrogénée naturellement d’où son taux élevé d’acides gras saturés. L’huile ne remonte pas à la surface, elle reste à l’état solide à température ambiante. Si vous faites l’expérience d’exposer un pot du Nutella au soleil, vous verrez les 20 % d’huile de palme à l’état liquide.

Pour obtenir le même résultat à partir d’autres huiles végétales, les industriels procèdent à l’hydrogénation partielle. Ce procédé favorise l’apparition d’acides gras trans encore plus délétères que les acides gras saturés contenus dans l’huile de palme.

Aux États-Unis, les industriels, obligés de signaler la présence d’acides gras trans sur leurs produits, se sont rués vers l’huile de palme peu chère à la production.

 

Un coût de production très rentable

huile PalmeL’huile de palme est la plante oléagineuse la plus rentable par unité de superficie, dix fois plus que le soja et quatre fois plus que le colza. L’huile de palme représente 25 % du marché des huiles végétales.

La culture de palmeraie se fait sous le soleil à 28°. Seuls les pays du Sud peuvent en produire (Afrique Centrale, Colombie, etc.). 78 % de la production mondiale d’huile de palme proviennent de l’Indonésie et de la Malaisie. Mais à quel prix !

Depuis 40 ans, la consommation d’huile de palme double tous les 10 ans. Les pays du Sud (Chine et Inde) consomment plus de 80 % de la production. Et la demande ne cesse de croître surtout depuis que l’huile de palme est considérée comme agrocarburant.

 

 

Un impact écologique désastreux.

déforestationPour produire de l’huile de palme, la première étape est la déforestation. Le commerce du bois apporte les premiers investissements. Seulement, les palmiers à huile capturent 3 fois moins de co2 que les arbres.

Une plantation de palmiers à huile en Indonésie capture 39 tonnes de carbone par hectare. Une forêt tropicale africaine en stocke 150 tonnes.

L’Indonésie, premier producteur d’huile de palme, est devenu l’un des plus grands émetteurs de gaz à effet de serre. 90 % de ses forêts sont déboisées.

 

Ce changement d’affectation des sols menace la biodiversité, la sécurité alimentaire des populations locales et accélère l’effet de serre.

 

Commission européenneLes agrocarburants considérés comme des énergies « zéro émission » sont donc remis en question par l’Union Européenne. Ils contribuent à la déforestation et à une augmentation des émissions de gaz à effet de serre.

En décembre 2008, l’Europe prévoyait que 10 % des carburants des transports routiers européens seraient d’origine renouvelable d’ici 2020. « Les biocarburants apporteront la contribution la plus importante »

Elle prévoyait en parallèle une baisse de 6 % d’effet de serre lié aux carburants. Mais sans avoir pris en compte le changement d’affectation des sols qui provoque une perte d’écosystème captant le carbone (Co2).

 

Le 17 octobre 2012, l’Union Européenne décide de réduire à 5 % la part des agrocarburants de première génération (produits à partir de denrées alimentaires).

« D’après de récentes études scientifiques, si l’on prend en compte les modifications indirectes de l’affectation des sols provoquées par la production de biocarburants, par exemple le déplacement de la production agricole destinée à l’alimentation humaine ou animale vers des terres non agricoles, telles que des forêts, la contribution de certains biocarburants aux émissions peut en fait être équivalente à celle des combustibles fossiles qu’ils remplacent. »

 

Pour la santé, le profil nutritionnel de l’huile de palme est tout aussi mauvaise que celui du beurre. Par exemple le beurre de cacao contient 60 % d’acides gras saturés, l’huile de palme en contient 50 %. La viande ou le lait contiennent aussi des acides gras saturés. Tout est question d’équilibre alimentaire .

Par contre, la culture de l’huile de palme est un désastre pour l’environnement et une menace pour les droits et les moyens de subsistances des populations locales.

Quant à la Taxe Nutella qui prévoit d’augmenter de 300 % la taxe de l’huile de palme, elle est repoussée à 2013.

 

Lire aussi : L’huile de palme se dissimule trop souvent derrière le terme « huile végétale »

 

Sources :
greenpeace.org : La dernière frontière de l’huile de palme
novethic.fr : Huile de palme : Nutella persiste et signe
20minutes.fr : Taxe Nutella : L’opération com’ pro-huile de palme de Ferrero
processalimentaire.com : Huile de palme : le vent tournerait-il ?
encyclo-ecolo.com : Huile de palme
planetoscope.com : Production mondiale d’huile de palme
trade.ec.europa.eu : Assessing the Land Use Change Consequences of European Biofuel Policies
energies-renouvelables.org : Le baromètre du Biogaz
actu-environnement.com : La Commission européenne freine sur les agrocarburants de première génération
lemonde.fr : Agrocarburants : un cocktail qui coûte très cher à la pompe


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