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La pollution de l’air, accélérée par l’utilisation des moteurs diesel

L’industrie automobile a fait du moteur diesel un vrai succès. Près de 70 % du parc automobile français est constitué de voitures roulant au diesel, contre 10 % il y a trente ans. Les politiques fiscales avantageuses, la réputation de moteurs sobres et le coût du diesel moins cher à la pompe n’y sont pas pour rien. Or les particules fines émises en partie par les véhicules diesel sont à l’origine de près de 42 000 morts prématurées selon le ministère de l’Écologie.

La pollution de l’air, accélérée par l'utilisation des moteurs diesel

Le moteur diesel pollue

Le moteur diesel a la réputation de moins polluer. C’est à la fois vrai et faux.
Vrai, parce qu’il génère moins de monoxyde de carbone que le moteur essence, à l’heure où la lutte contre le réchauffement climatique est engagée. Et c’est un argument que savent mettre en avant les constructeurs automobiles.
Faux, parce que les autres polluants dégagés par le moteur diesel comme les particules fines, ou l’oxyde d’azote (deux à trois fois plus important que pour les moteurs essence) sont minorés. Et c’est là que le bas blesse. Même si la pollution par le monoxyde de carbone est en baisse, celle due aux particules fines et à l’oxyde d’azote est en constante hausse. Le moteurs diesel occasionne une pollution beaucoup plus importante dans les zones urbaines, là où la circulation est dense.

 

 

La santé est menacée et l’air jugé irrespirable dans la plupart des grandes villes

Le ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie est catégorique. Les moteurs diesel sont responsables de la mort prématurée de 42 000 personnes en France. Les rejets de particules fines (suies riches en carbone) occasionnés par la combustion incomplète du gazole sont importants surtout lorsque les véhicules circulent en ville, à bas régime et que les moteurs sont froids.

Ces particules ont la propriété de pénétrer très profondément dans les voies respiratoires et provoquent des irritations, des maladies chroniques, voire des cancers pour les personnes les plus exposées. La France est d’ailleurs montrée du doigt par l’Union européenne, considérée comme le mauvais élève de l’Europe et menacée d’une amende record, car l’air est jugé irrespirable dans la plupart des grandes villes.

C’est sans compter les effets de l’oxyde d’azote émis en grande quantité par les moteurs diesel. L’oxyde d’azote est composé de deux gaz, le monoxyde d’azote et le dioxyde d’azote. Ce dernier dont la dangerosité n’est plus à démontrer est responsable de maladies cardio-vasculaires, d’allergies pouvant entrainer la mort pour les personnes atteintes d’asthme.

En juin 2012, le Circ, l’agence pour le cancer de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé le diesel comme cancérogène.

 

Les normes européennes antipollution à l’origine de l’augmentation du dioxyde d’azote

Des normes antipollution ont été imposées en 1996 aux moteurs diesel. Ils ont eu pour effet de faire baisser les quantités d’oxyde d’azote avec l’installation de catalyseur d’oxydation. Puis plus tard, pour satisfaire à la norme Euro 5 avec la mise en place de filtres à particules catalysés.
Seulement un effet pervers transforme le monoxyde d’azote (le plus inoffensif des gaz) en dioxyde d’azote (le plus dangereux pour la santé).

Les normes en vigueur prennent seulement en compte le taux global d’oxyde d’azote, sans mesurer celui du dioxyde d’azote. Il faudra attendre l’arrivée de la norme Euro 6 pour voir les émissions globales d’oxydes d’azote des moteurs diesel se réduire davantage. Elles seront de toute façon toujours plus élevées que les émissions des moteurs essence.

 

Vers une interdiction des voitures diesel dans les centres-villes des grandes agglomérations

 

 

En France, le débat sur l’interdiction des voitures les plus polluantes dans les centres-villes vient d’être relancé par Jean-Vincent Placé, président d’Europe Ecologie Les Verts, le jour de la conférence environnementale le 14 septembre 2012. Il demande que dans trois ans, les véhicules diesel soit interdits dans les grandes villes. La mesure semble difficile à prendre. Le Parc automobile est composé à peu près de 70 % de véhicules diesel et les constructeurs français misent sur leur développement pour les prochaines années. Et puis point non négligeable, une taxation supplémentaire du diesel serait une mesure très impopulaire.

Pourtant, près de 160 villes européennes ont déjà franchi le pas depuis plusieurs années, dont Londres, Berlin ou encore Rome, Milan…

 

La Conférence environnementale : vers une prise de conscience

Lors de la Conférence environnementale, des débats ont été engagés et des tables rondes ont eu lieu sur l’impact de l’environnement sur la santé, mais aussi sur la transition énergétique. Cette conférence fixe la voie que la France doit suivre pour s’engager dans cette transition énergétique et écologique.
Mais en ce qui concerne l’Interdiction pure et simple des véhicules diesel, cela semble peu probable dans le contexte économique actuel. Pourtant, le diesel avec ses émissions de particules fines est reconnu comme hautement cancérogène. Il va falloir agir et il en va de la santé publique. Certaines villes comme Paris, Lyon, Clermont-Ferrand, Aix-en-Provence, Grenoble… se positionnent déjà comme villes test.

Des solutions alternatives doivent être trouvées par les politiques mais aussi par les constructeurs automobiles qui ne doivent plus tout miser sur le diesel, sans quoi, le diesel a encore de beaux jours devant lui.

 

Sources :
> www.lepoint.fr
> www.respire-asso.org
> www.liberation.fr
> www.maxisciences.com
> fr.myeurop.info


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