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Le Perchloroéthylène, toujours dans les pressing. À quand l’interdiction ?

Le Perchloroéthylène est toujours utilisé par 90 % des 5.000 pressings en France. Pourtant, le Centre international de recherche sur le cancer (CICR) l’a inscrit sur la liste des produits cancérogènes. Il est aussi reconnu comme produit provocant des maladies professionnelles.

Le Perchloroéthylène, toujours dans les pressing. À quand l’interdiction ?

 

Un solvant dangereux

Ce solvant hautement volatil est utilisé dans les pressings pour le nettoyage à sec des tissus et des vêtements. Les salariés manipulant ce produit sont les premières personnes exposées aux vapeurs dégagées par le produit principalement lors de l’ouverture des hublots des machines de nettoyage à sec. Mais, le Perchloroéthylène est tellement volatile qu’il s’échappe des machines et contamine l’air ambiant. Ces vapeurs peuvent traverser le béton, les planchers et polluer l’air des maisons et appartements aux alentours. Et tout le monde en profite : salariés, clients, passants et voisins.

 

Effets nocifs sur la santé et sur l’environnement

Le Perchloroéthylène, appelé aussi Tétrachloroéthylène est toxique pour le système nerveux et le rein, le système immunitaire et le sang, ainsi que pour la reproduction. Il provoque également une irritation des voies respiratoires, des yeux mais, aussi lors d’une exposition prolongée, des maux de tête, des nausées et des pertes de mémoire. De nombreuses études montrent les relations de cause à effet entre l’inhalation, l’utilisation du Perchloroéthylène et l’augmentation de cancers et notamment celui de la vessie. Le document le plus récent a été publié le 10 Février 2012 par l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis.
Dernièrement, suite au décès de la victime niçoise du Perchloroéthylène, l’ONG Générations futures a décidé de se constituer partie civile. Une procédure pénale est instruite pour l’homicide involontaire de José-Anne Bernard, victime présumée des émanations d’une blanchisserie juste en dessous de chez elle.

« L’autopsie de la septuagénaire, réalisée à la demande insistante de son fils, avait révélé des traces importantes de perchloroéthylène. Sur la base de ces expertises, le gérant de l’ancien pressing Lafayette, Daniel Monfray, a été mis en examen pour « homicide involontaire ».

Le Perchloroéthylène est aussi dangereux pour l’environnement. Il se dégrade peu dans l’air. Les machines à laver des pressings ne recyclent pas toutes les boues résiduelles des lavages qui lorsqu’elles sont rejetées dans les égouts, perturbent le fonctionnement des stations d’épuration. Le Perchloroéthylène est toxique pour les organismes aquatiques.

 

 

A quand l’interdiction dans les pressings ?

15.000 salariés sont exposés en France. Bon nombre de pays occidentaux ont déjà interdit l’usage du Perchloroéthylène. Aux États-Unis on ne peut plus l’utiliser dans les nouvelles installations depuis 2006. Au Danemark, l’interdiction date de 2003.
Le Gouvernement français n’a plus le choix, il doit faire changer les pratiques. Les institutions européennes demandent plus de contrôle et une réduction de l’utilisation du Perchloroéthylène. La réponse actuelle, c’est une réduction de 30 % de son utilisation.
Les ONG qui demandent son interdiction totale ne sont pas satisfaites. Thierry Drouin, le président de l’Association de défense des victimes des émanations de Perchloroéthylène des pressings indique que le lobby du pressing et de la blanchisserie défend coûte que coûte ce produit considéré comme le plus efficace et le moins cher. Il existe pourtant des solutions alternatives comme le nettoyage au mouillé (utilisation de détergents biodégradables additionnés à de l’eau).

 

Le pressing sans perchloréthylène, c’est possible par pressedegray

 

« Il est inacceptable qu’une telle substance continue d’être utilisée alors même que des alternatives existent. Le gouvernement doit agir au plus vite en interdisant le perchloroéthylène dans les nouvelles installations de nettoyage à sec au lieu de croire à un usage contrôlé », ont déclaré les associations.

Des contrôles menés par l’inspection du travail et initiés par le ministère du développement durable en 2008, ont montré que 69 % des installations n’étaient pas conforme et avaient fait l’objet de mises en demeure préfectorales. Et en 2010 seulement 66 % des pressing contrôlés étaient conformes. Ces résultats inquiétants de non-conformité ont tous porté sur les mêmes aspects relatifs à la ventilation et à l’épuration des rejets à l’atmosphère. C’est ce qu’indique le bilan 2010 de l’inspection des installations classées.

 

Mobilisation contre le Perchloroéthylène dans les pressings

Les associations Réseau environnement santé (RES) et Générations futures ont lancé mi-février 2012 un appel aux autorités françaises pour faire interdire le Perchloroéthylène, jugé dangereux.

« Si aucune mesure claire de substitution systématique du perchloroéthylène n’était décidée, nous examinerions alors la possibilité de lancer une action pour « carence fautive de l’État » devant les juridictions administratives. »

 

Sources :
> reseau-environnement-sante.fr
> www.actu-environnement.com
> www.lemonde.fr
> www.ecologie.tv


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