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Le plomb dans les logements en France menace encore trop de foyers

Le plomb est encore en trop grande quantité dans les logements français et représente une menace sanitaire importante. Plus de 878 000 logements sont concernés. C’est ce que montre l’étude, commencée en 2008 dans le cadre du projet Plomb-Habitat et qui vient de s’achever. En cause, le plomb présent dans les peintures et dans l’eau du robinet.

Le plomb dans les logements en France menace encore trop de foyers

 

Un constat alarmant

Les experts du Centre scientifique et technique du bâtiment et de l’Ecole des hautes études en santé publique viennent de boucler l’enquête sur le plomb dans les logements en France. Elle a été financée par les ministères en charge de la santé, du logement et de l’écologie. Les experts ont envoyé les dernières conclusions de l’étude aux pouvoirs publics. Les chiffres sont alarmants. Près de 880 000 logements sont contaminés par le plomb. Les personnes qui y habitent et principalement les enfants sont exposés au plomb avec pour conséquences des risques de saturnisme, une maladie engendrant des retards mentaux.

 

Du plomb dans les peintures malgré l’interdiction de 1949

Peinture au plombCe qui a surpris les experts, c’est de trouver autant de logements contenant du plomb. C’est une mauvaise surprise. Pourtant, depuis une réglementation de 1949, la peinture au plomb reconnue dangereuse pour la santé, est interdite.

« On a eu la surprise de constater que non. Elle a visiblement été utilisée au moins jusque dans les années 70. Donc elle est toujours très présente. » explique Philippe Glorennec, professeur d’évaluation des risques à l’École des hautes études en santé publique de Rennes.

Et de nombreux logements construits jusqu’en 1970 en contiennent. 170 000 logements sont dans un état dégradé. Les peintures s’écaillent, tombent en morceaux et représentent un danger pour les plus jeunes enfants.

 

Du plomb dans l’eau du robinet

En cause, la tuyauterie et les canalisations en plomb. L’eau se charge de plomb en séjournant dans les tuyaux et se retrouve dans l’eau du robinet. L’étude montre que 100 000 logements sont cette fois concernés par une eau présentant un taux de plomb supérieur à 10 microgrammes par litre, la valeur maximale qui sera autorisée en 2013 par la Commission européenne. Elle est actuellement de 25 microgrammes.

 

Du plomb dans les aires de jeux et les espaces extérieurs

Là, encore une surprise. La poussière de plomb est présente en quantité nettement supérieure dans les espaces extérieurs et les aires de jeux à proximité des logements pollués. Elle atteint un niveau environ 3,2 fois supérieur au plus haut niveau de poussière intérieure prélevée.

« Non, on ne « s’attendait pas » à ces résultats », explique Jean-Paul Lucas, du CSTB, un des auteurs de l’étude. « Mais pour la simple raison que l’on n’avait aucune idée préalable sur la contamination des logements français en métaux… »

 

Le saturnisme

Le plomb a une particularité. Il agit sans seuil de toxicité sur la santé. Plus les enfants sont exposés au plomb, plus ils risquent de souffrir du saturnisme, une maladie qui engendre des retards mentaux. Même si cette maladie a considérablement baissé, le nombre d’enfants atteints de saturnisme est encore trop important. Une étude, menée en 2008 a permis d’estimer à 5 300, le nombre d’enfants en France atteints de saturnisme et présentant un taux de plomb supérieur à 100 microgrammes par litre de sang, seuil administratif actuel du saturnisme.

 

Une réglementation plus précise

Cette étude a le mérite de mettre en lumière le manque de réglementation fixant les seuils de concentration plus précis en France et dans un certains nombre d’états. Les États-Unis ont déjà abaissé les seuils de concentration de 100 microgrammes de plomb par litre de sang à 50, et l’Allemagne à 35. Même en dessous de ces seuils, les effets du plomb continuent d’être nocifs sur la santé.

Le Centre scientifique et technique du bâtiment, partenaire de l’étude commencée en 2008, réfléchit sur l’amélioration du diagnostic plomb réalisé lors de la vente d’un logement.

Les experts du Centre scientifique et technique du bâtiment et de l’Ecole des hautes études en santé publique ont envoyé leurs données de l’étude aux pouvoirs publics. Une réflexion va être lancée à l’automne pour savoir si les seuils de présence du plomb doivent être abaissés.

Sources :
> www.maisonapart.com
> www.ouest-france.fr
> www.lemoniteur.fr


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