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Le saumon d’élevage norvégien nage dans les eaux sombres des fjords

Du diflubenzuron contre le pou de mer, « les fjords aux eaux fraîches et limpides offrent un cadre de vie exceptionnel » au saumon d’élevage norvégien.

saumon élevage Norvège

La Norvège est fière de la qualité de son saumon : « Les produits de la mer de Norvège sont reconnus pour leur qualité, leur saveur et les garanties qu’ils offrent. »

Mais l’association Green Warriors est loin d’être convaincue. Elle publie un rapport fin 2011 alertant sur les conséquences de l’élevage de saumon norvégien : pollution de l’environnement et impact sur la santé humaine.

 

Le pou de mer le parasite qui dérange

pou de mer

Le pou de mer est un petit parasite qui se nourrit du saumon et provoque la mort des poissons.  C’est le cauchemar des fermes d’élevage de saumons.

En 2010 un reportage de France 3 sur le saumon d’élevage montre une utilisation abusive du pesticide diflubenzuron pour tuer le pou de mer (Lepeophteirus salmonis) dans les fjords norvégiens.

 

 

Le  ministre français de l’Agriculture et de la Pêche Bruno Le Maire écrit à Lisbeth Berg-Hansen ministre norvégienne de la Pêche et des affaires côtières  :

« Cette substance ne dispose pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM) communautaire ou française en tant que médicament vétérinaire. Elle est réservée au traitement phytopharmaceutique de certaines espèces végétales et à la désinsectisation des bâtiments d’élevage. Pour ces raisons, son administration aux poissons destinés à la consommation humaine n’est pas autorisée. »

Lisbeth Berg-Hansen explique que l’usage du pesticide diflubenzuron est légal en Norvège et respecte la réglementation européenne notamment le délai d’attente de 100 jours avant consommation.

Bruno Le Maire semble rassuré par la réponse de son homologue norvégienne.

 

Selon un rapport de l’OMS le diflubenzuron est peu toxique pour l’homme MAIS…

diflubenzuronEn 2009 l’Autorité Européenne de Sécurité Alimentaire (EFSA) indique que le diflubenzuron est « hautement toxique pour les organismes aquatiques » et l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis (EPA) confirme.

Lorsqu’un organisme ingère du diflubenzuron la PCA (4-chloroaniline) se forme dans son estomac et son intestin. Cette substance est considérée cancérigène pour l’homme selon l’EPA et l’Ineris (Institut national de l’environnement industriel et des risques).

 

Un écosystème menacé par l’élevage de saumon

« Environ 90 % du diflubenzuron ingéré par les poissons s’échappe par les matières fécales » déclare Kurt Oddekalv, président de Green Warriors. Seul le saumon sauvage s’en sort. Les autres espèces crustacés, crevettes, crabes, homards et langoustes disparaissent.

L’association Salmon Camera qui s’inquiète pour la pêche du saumon sauvage explique :

« Quand on pêche un poisson sauvage, on ne sait pas combien de jours se sont écoulés depuis qu’il a absorbé le diflubenzuron échappé des filets. Ce pesticide menace les crustacés, le plancton, toute la vie sauvage autour des élevages.

Pour le saumon d’élevage, il y a des contrôles, normalement les éleveurs attendent que les traces de ce pesticide disparaissent de leur organisme, mais ce n’est pas le cas pour le poisson sauvage autour. »

Les fermes placées dans des courants marins  évacuent rapidement les déchets et polluent les fonds marins environnants. Avec l’aide d’un mini sous-marin doté d’une caméra l’ONG a pu filmé les dégâts sur l’écosystème.

 

 

L’industrie piscicole et la politique norvégienne

La Norvège ne semble pas inquiète et continue sa communication sur les bienfaits du saumon d’élevage. Le marché du saumon en Norvège représente  5,3 milliards d’euros. Lisbeth Berg-Hansen ministre norvégienne de la Pêche et des affaires côtières possède des parts dans la  salmoniculture de plusieurs millions d’euros .

« L’industrie piscicole et la politique sont très connectées, cela ne dérange pas vraiment les Norvégiens, et peu de journalistes enquêtent sur ces sujets.

Après l’embargo russe, lié aux quantités excessives de cadmium et de plomb retrouvées dans le saumon, la Norvège a déjà des difficultés à exporter en Chine et aux États-Unis. Elle ne veut pas se priver du marché français.« 

déclare un journaliste norvégien.

Il est intéressant de savoir que 80 % du saumon consommé par les Français sont issus des fjords norvégiens. La France est le premier importateur de saumon norvégien (100.000 tonnes de saumon importées par an).

Sources :
bastamag
> rue89
20minutes
lanutrition


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