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Les contrefaçons, un business plus sûr et plus rentable que la drogue

Avec le commerce en ligne, la vente des produits de contrefaçon se porte à merveille. Les contrefacteurs sont ravis, le marché est très rentable, encore plus que la drogue. Ils s’adaptent aux nouvelles technologies, s’organisent et s’émancipent. C’est le constat du dernier rapport d’Europol et de l’Oami  sur la contrefaçon au sein de l’Union européenne.

De la Vodka mélangée à de l’antigel ; des fruits de mer congelés et baignés dans  l’acide citrique, du phosphate et du peroxyde d’hydrogène pour les rendre plus frais ; de faux médicaments avec une belle dose de mercure ; un faux engrais à base de nicotine sulphate, une petite dose et plus personne…

Les contrefacteurs connaissent bien leur business : corruption des courtiers, faux documents, faux étiquetages, connaissance accrue de la législation et des tactiques de répression des pays pour mieux s’infiltrer…

Certains émanent directement de grandes organisations criminelles. Traficoter avec les filles, la drogue et la contrefaçon de produits alimentaires, de cosmétiques, de médicaments, de marques… c’est devenu une pratique courante. Surtout que le commerce de la contrefaçon est plus rentable que le trafic de stupéfiants.

Nicolas Giannakopoulos, président et fondateur de l’Observatoire du Crime Organisé vu sur l’Express :

« On est à la frontière des mondes criminel et entrepreneurial, favorisé par la crise qui sévit en Europe depuis 2008. Ça nécessite quelques arrangements, mais tout le monde y gagne, sauf le consommateur qui peut se retrouver avec un produit falsifié, dangereux ou pas.
Elles facilitent les choses, avec la capacité de mobiliser logistique et capitaux. Les mêmes qui font dans la drogue et les filles » peuvent ponctuellement intervenir sur une filière de tomates ou d’agrumes. »

 

Extrait du rapport d’Europol (Office de police criminelle intergouvernemental) et l’Oami (Office de l’harmonisation dans le marché intérieur ) :

« Le présent rapport est fondé sur des preuves quantitatives et qualitatives provenant d’études de cas, et souligne le fait que la contrefaçon est à présent considérée par les malfaiteurs comme une entreprise moins risquée et plus rentable que le trafic de drogue. Elle est devenue une activité transnationale croissante et rentable, dans laquelle des réseaux de criminalité organisée fabriquent et distribuent largement des produits de contrefaçon, profitant des progrès de la technologie ainsi que de l’essor des achats et du commerce en ligne. La production des contrefaçons est généralement considérée comme un phénomène externe. En effet, les statistiques douanières indiquent clairement que la plupart des pays d’origine des contrefaçons sont situés hors de l’UE. »

 

Le trafic de la contrefaçon est principalement externe aux frontières de l’Union Européenne. Extrait du rapport :

« Les principaux pays concernés comprennent non seulement la Chine, qui reste une source importante bien qu’elle s’efforce de plus en plus de lutter contre sa production de contrefaçons, mais aussi d’autres pays asiatiques qui se spécialisent dans certaines catégories (par exemple l’Inde pour les médicaments, l’Égypte pour les denrées alimentaires et la Turquie pour les parfums et les produits cosmétiques). »

Les contrefacteurs cherchent toujours les meilleurs filons. Pour plus de rentabilité, le mieux est de confectionner les produits contrefaits dans les pays de l’Europe pour éviter les douanes et les coûts de transports.

 

Extrait du rapport :

« Les données révèlent qu’un éventail sans cesse croissant de produits courants sont contrefaisants, allant des piles, chargeurs, produits cosmétiques et d’hygiène corporelle aux produits électroniques, produits ménagers, pesticides, aliments et boissons et même aux médicaments. Toutefois, l’ampleur et l’échelle exactes de l’activité de contrefaçon sont inconnues et il est probablement juste de supposer que la réalité dépasse toutes les estimations et projections. »

 

Infographie réalisée par Futurmag d’ARTE :

futurarte

> Voir aussi le reportage de Futurmag sur la Contrefaçon : Les nouvelles armes anti-contrefaçon

 

 

Sources :
> oami.europa.eu : 2015 Situation Report on Counterfeiting in the European Union
> lexpress.fr : Europol saisit des tonnes d’aliments contrefaits ou périmés
> blog.laruchequiditoui.fr : Contrefaçons alimentaires : arnaques aux frontières
> foodwatch.org : 2500 tonnes d’aliments frelatés saisis dans 47 pays

 



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