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Lutte contre le sida : objectif zéro

Zéro nouvelle infection, zéro discrimination, zéro décès. Dimanche 1er décembre 2013 est dédié à la journée mondiale de lutte contre le sida.

Lutte contre le sida : objectif zéro

Depuis 1988, la journée mondiale contre le sida permet d’informer la population sur les évolutions de la pandémie et promouvoir la prévention, le dépistage, les traitements tout en dénonçant les discriminations dont sont la cible les malades du VIH.

 

Le virus de l’immunodéficience humaine (VIH)

Lutte contre le sida : objectif zéroLe virus VIH a été identifié en 1983.
En 1985, les premiers tests pour détecter le virus du sida sont disponibles.  En 1987, le premier traitement antirétroviral, l’A.Z.T., est approuvé aux U.S.A. En 1996, les tri-thérapies (combinaisons de médicaments antirétroviraux) apparaissent et sauvent 700 000 vies dans le monde en 2010, selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé).

 

Le VIH s’attaque au système immunitaire. Les défenses du corps sont affaiblies voire détruites. Le corps est plus sensible aux infections et certains cancers. Le VIH peut se déclarer au bout de 10 à 15 ans.

 

Quelques chiffres sur le VIH :

  • Dans le monde, 36 millions de personnes sont mortes du sida.
  • En 2012, environ 35 millions de personnes vivent avec le virus. 20 millions d’entre elles ne savent pas qu’elles sont séropositives (en France cela concernerait 30 000 personnes).
  • En 2011, 2,5 millions de personnes sont contaminées et 1,7 million de personnes sont mortes du sida.
  • L’Afrique subsaharienne reste la région la plus touchée par le virus du sida . La contamination représente 69 % des personnes vivant avec le VIH dans le monde.

 

Un fossé entre le Nord et le Sud

Lutte contre le sida : objectif zéro

UNICEF/G. Pirozzi
Monica, séropositive, et sa petite-fille Sympathy Tshuma, 14 ans, sont assises chez elles sur un lit, dans le village de Makuzeze à environ 200 kilomètres au sud de Bulawayo, la deuxième plus grande ville du Zimbabwe. L’aide aux adolescents sur les questions de prévention et de traitement est très importante.

À partir des années 90, les traitements ont permis d’améliorer la durée et la qualité de vie des personnes infectées par le VIH. Aujourd’hui, une personne atteinte du sida peut avec un traitement multithérapie vivre presque autant qu’une personne non malade. Ceci est vrai dans les pays du Nord dits riches. Par contre, dans les pays du Sud et surtout en Afrique, 70 % des personnes qui devraient suivre un traitement ne bénéficient d’aucun soin.

 

 

Un test d’auto-dépistage du VIH

Les tests d’auto-dépistage du sida permettraient de réduire le nombre de morts lié au VIH. En Afrique par exemple, aller dans un centre de dépistage c’est être désigné comme séropositif explique Michèle Ferrand, sociologue, directrice de recherche émérite CNRS

Ces auto-tests seront autorisés en France à partir de 2014. Ils sont fiables à 98 %. Sachant que 30 000 personnes en France ne savent pas qu’elles sont séropositives, ils permettront de découvrir 4 000 séropositivités en plus et d’éviter 400 nouvelles infections par an en France.

 

Banalisation de la maladie

Lutte contre le sida : objectif zéroL’évolution des traitements multithérapie ont permis aux personnes atteintes du sida de vivre plus longtemps et décemment. Mais elles ont aussi changé les comportements. La maladie est considérée comme chronique et s’est banalisée.

Les campagnes de prévention des années 2000 qui mettaient l’accent sur le dépistage ont incité à délaisser le préservatif. Une étude, publiée dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire, menée en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane, démontre que les personnes interrogées préféraient recourir au dépistage que de se protéger avec un préservatif lors d’un rapport sexuel.

 

 

2 millions d’adolescents vivent avec le VIH

adolescents et VIH

UNICEF/G. Pirozzi
Artem, 14 ans, est assis sur un mur à l’extérieur de «Way Home», le foyer où il habite dans la ville d’Odessa, en Ukraine. Ce foyer qui reçoit l’aide de l’UNICEF, fournit aux enfants des rues d’Odessa de la nourriture, un hébergement, des cours d’alphabétisation et des cours de sensibilisation au VIH/sida. À cause des rapports sexuels non protégés et de la consommation de drogues injectables, les adolescents des rues sont l’un des groupes les plus exposés au risque de contracter le VIH.

Dr Gottfried Hirnschall, Directeur du Département VIH/sida de l’OMS :

« Les adolescents doivent disposer de services de santé et d’un soutien adaptés à leurs besoins. Pour eux, la probabilité de bénéficier d’un dépistage du VIH est moindre que pour les adultes et ils ont souvent besoin de davantage de soutien que les adultes pour poursuivre les soins et prendre leur traitement comme il leur a été prescrit. »

 

Craig McClure, responsable des programmes de lutte contre le VIH à l’UNICEF :

« Les adolescentes, les jeunes hommes qui ont des relations homosexuelles, les personnes qui consomment des drogues ou qui subissent une coercition ou des abus sexuels sont les plus exposés au risque d’infection. Ils sont confrontés à de nombreux obstacles, y compris la sévérité de la législation, les inégalités, la stigmatisation et la discrimination, ce qui les empêche d’accéder à des services de dépistage, de prévention et de traitement de l’infection à VIH.

Environ une nouvelle infection à VIH sur sept survient au cours de l’adolescence. Si ces obstacles ne sont pas levés, le rêve d’une génération libérée du sida ne se réalisera jamais. »

 

Dr Elizabeth Mason, Directeur du Département Santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent de l’OMS :

« Ainsi, au Zimbabwe, nous avons constaté qu’en mettant en place des services adaptés aux adolescents, il était possible d’obtenir de bons résultats thérapeutiques. Nous espérons vivement que cet exemple sera suivi »

 

 

Un objectif zéro réalisable en 2015 ?

Selon Jean-François DELFRAISSY, directeur de l’Agence Nationale de Recherche sur le Sida et les Hépatites virales (l’ARN), l’objectif zéro concernant la contamination de l’enfant par la mère ne pourrait être atteint en 2015.

ARNSLa France est très engagée dans la lutte contre le sida. Elle a joué un grand rôle dans les avancées scientifiques dans sa lutte. En 2008, le professeur Françoise Barré-Sinouss, de l’Institut Pasteur, reçoit le prix Nobel de médecine. Elle a participé à la découverte du virus VIH en 1983.

L’ARNS est la seule agence nationale dédiée à la coordination scientifique et au financement de la recherche contre le V.I.H. en Europe. Elle est très active dans les pays du Sud (en Afrique, en Asie et en Amérique latine).

À l’occasion de la journée Mondiale contre le sida, l’ARN fête ses 25 ans.

 

Sources :
franceinter.fr : La tête au carré émission du vendredi 29 novembre 2013
> sidaction.org : Les dates clés de la recherche sur le Sida
who.int : Les services de prise en charge de l’infection à VIH négligent les adolescents
> unaids.org : ONUSIDA
who.int : VIH/sida
anrs.fr : L’ANRS, 25 ans déjà !
aides.org : Le VIH/sida en chiffres
enseignementsup-recherche.gouv.fr : 30 ans de recherches médicales pour la lutte contre le sida
lepoint.fr : Sida : la prévention se relâche, le dépistage stagne

 



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