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Shell quitte l’Arctique. C’est une bonne nouvelle pour les mergules nains !

Après trois années d’acharnement contre la compagnie pétrolière Shell, Greenpeace est pleinement satisfait sans pour autant abandonner l’Arctique et ses espèces menacées aux mains des autres compagnies pétrolières et à la pêche industrielle.

Bye bye Shell !

Shell quitte l'Arctique !
L’Alaska ne serait pas assez rentable au final. Alors, Shell renonce pour causes financières, mais aussi pour éviter de noircir encore plus son image. Shell y a laissé des plumes, plus de quatre milliards de dollars.

Depuis 2012, Greenpeace se bat pour protéger l’Arctique. Le retrait de Shell dans l’Arctique, annoncé le 28 septembre 2015, est une très bonne nouvelle pour l’ONG.

 

« Près de 7 millions de Défenseurs de l’Arctique ont signé notre appel pour la création d’une zone naturelle préservée en Arctique. Cette région doit être protégée des prospections pétrolières et de la pêche industrielle. »

 

> Pour signer la pétition, c’est par ici : savethearctic.org

 

L’Arctique, impacté par la pollution et le réchauffement climatique

Greenpeace compte bien poursuivre sa bataille contre les compagnies pétrolières et la pêche industrielle qui espèrent profiter de la fonte des glaces pour aller encore plus loin.

L’Arctique est la zone du globe la plus impactée par les activités humaines. Tous veulent marquer leur territoire dans le Grand Nord : la Russie, le Canada, le Danemark, les États-Unis, la Chine… pour ses ressources minérales et halieutiques, ses terres rares et surtout ses futures voies maritimes (d’ici trente ans) qui seront plus importantes que le Canal de Suez ou le Canal de Panama.

Déjà les polluants des pays industriels (mercure, pcb, suies, pesticides, produits chlorés rejet radioactifs…) se déversent dans l’Arctique via les courants atmosphériques et océaniques pour finir dans l’estomac des animaux marins.
Toute la chaîne alimentaire est touchée par ces polluants venus d’ailleurs. Les grands prédateurs, ours blancs, phoques, hommes… qui sont en fin de chaîne, ont par exemple les niveaux de mercure (Hg) les plus élevés.

L’Arctique est aussi très sensible au réchauffement climatique. L’augmentation des températures est deux fois plus rapide qu’ailleurs. Depuis 1979, la surface de la banquise a diminué de 45 %. En 2040 selon le NSIDC (Centre américain de la neige et de la glace), la glace en été aura disparue.

Le changement climatique a un impact indirect sur les espèces marines. L’Atlantique Nord se réchauffe et les proies changent de comportement. Elles migrent plus vers le Nord ou dans les profondeurs, à la recherche d’eaux froides.

En 2014, 44 000 oiseaux marins se sont échoués sur les côtes françaises. La principale cause de cette mort massive est le manque de nourriture. Les ressources diminuent dans l’Atlantique Nord. Sous alimentés, les oiseaux marins arrivent épuisés sur les côtes. Et, s’ajoutent à cela, les tempêtes successives de 2014, le mazoutage, le brassage des masses d’eau et des nutriments, les polluants comme le mercure… Ce phénomène inédit en France a permis d’étudier de plus près la biologie de ces oiseaux marins.

> Lire sur lesite de la lpo.fr : Échouage massif d’oiseaux marins durant l’hiver 2014 sur la façade atlantique

> Lire sur le site du CNRS : Le mercure contamine aussi les oiseaux marins de l’Arctique durant leur période d’hivernage

 

Les mergules nains, de bons indicateurs des changements environnementaux en l’Arctique

Certaines espèces d’oiseaux migrateurs comme le mergule nain, petit pingouin de l’Arctique, qui nichent dans les côtes rocheuses du Groenland et du Spitzberg, sont de bons indicateurs des changements environnementaux  :

  • Ils plongent à 50 mètres de profondeur pour se nourrir de copépodes, des petites crevettes planctoniques de grandes tailles et très riches en graisse (Calanus hyperboreus). Ils en raffolent, mais les petites crevettes préfèrent les eaux froides et donc migrent. Avec le réchauffement climatique, les mergules nains se déplacent ou se contentent de copépodes qui vivent dans des eaux tempérées. Elles sont plus petites et moins riches en graisse (C. finmarchicus). Les mergules nains sont donc obligés de plonger de plus en plus souvent pour compenser le manque de lipides.
  • Les mergules sont aussi menacés par l’apparition de nouveaux prédateurs. Les ours blancs, qui ne trouvent plus de phoques à cause de la fonte des glaces, s’alimentent de mergules nains, entre autre.
  • L’intoxication au mercure a un impact sur la survie des mergules nains :

    « une contamination survenant au cours de la période d’hivernage affecte la physiologie, le comportement ou la survie d’individus qui regagnent ensuite les écosystèmes arctiques pour s’y reproduire. » Jérôme Fort (LIttoral, environnement et sociétés (LIENSs)- CNRS / Université de La Rochelle). »

Les mergules nains représentent l’espèce la plus abondante en Atlantique Nord, 40 à 80 millions d’individus. Comme d’autres espèces marines menacées, ils s’adaptent encore au climat du moment. Si les températures augmentent, ils risquent de disparaître pour laisser place à de nouvelles espèces qui, elles, au contraire, profiteront des changements climatiques pour se déployer.

L’Arctique, impacté par la pollution et le climatL’Arctique est une région très fragile. Avec les changements climatiques, des espèces disparaissent d’autres apparaissent, la banquise fond et les ressources deviennent accessibles à l’homme : 30 % des réserves mondiales en gaz et 13 % en pétrole.

La ruée vers l’or s’intensifie avec la Russie qui souhaite s’étendre en Sibérie, la Chine qui s’allie d’abord à la Norvège et ensuite à l’Islande, sans oublier les anciens, État-Unis en Alaska, Canada dans la baie d’Hudsond, Danemark au Groenland… et les compagnies pétrolières comme Shell, Gazprom, Statoil et Exxon profitent de l’absence de loi internationale pour lancer des projets de forage. En 2013, avec la dérive d’une plate-forme de forage « Kulluk » de Shell contenant 600.000 litres de mazout, la peur d’une marée noire a hanté les esprits.

L’Arctique est aussi très convoité pour d’autres richesses : ses futures voies maritimes, ses terres rares, ses ressources halieutiques, son or, son zinc, son uranium…

 

 

Sources :
energie-climat.greenpeace.fr : Shell renonce à forer en Arctique ! Une belle victoire des citoyens
> sciencesetavenir.fr : Au Groenland, une mission scientifique pour mesurer l’impact du réchauffement
> ecoledelamer.co : Conférence du 06 octobre 2015, les oiseaux marins comme indicateurs des changements environnementaux, avec Jérôme Fort
> lienss.univ-larochelle.fr/Fort-Jerome : Impacts de la fonte des glaces de mer et du développement des activités anthropiques en Arctique sur l’écophysiologie et l’écologie des mergules nains
> cnrs.fr : Le mercure contamine aussi les oiseaux marins de l’Arctique durant leur période d’hivernage
> journaldelenvironnement.net : Menace(s) sur les oiseaux migrateurs
> hal.archives-ouvertes.fr : Réponses des oiseaux marins de l’Arctique aux contraintes environnementales hivernales dans le contexte des changements climatiques
> cnrs.fr : En Arctique, les oiseaux marins s’adaptent aux changements climatiques actuels
http://www.lpo.fr/images/actualites/2014/echouages/bilan_echouages_2014_lpo_final1.pdf

 



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