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Coca-Cola et Pepsi : couleur café que j’aime ta couleur café

C’est quand même fou l’effet que ça fait. La couleur si brune de Coca-Cola et Pepsi ça énerve certains, ça en excite d’autres et les débats se prolongent. Les deux grands du soda sont accusés par le CSPI d’utiliser un caramel aux vertus cancérigènes pour colorer leurs boissons.

caramel synthétique

Ennemis de toujours Coca-Cola et Pepsi sont désormais dans le même panier : des boissons à risque pour la santé. Le caramel synthétique utilisé par les deux marques contient du 2-MI et du 4-M, deux substances favorisant les cancers.

 

Les accusations du CSPI

Center for Science in the Public Interest

 

En février 2011, le directeur Michael Jacobson du CSPI (Center for Science in the Public Interest)*, rapporte ses accusations contre Coca-Cola et Pepsi sur son site.

*CPSI un groupe de lobby de la santé basée à Washington, DC qui se bat contre les colorants alimentaires.

 

« Contrairement au caramel fait maison on  ne fait pas fondre le sucre dans une casserole, le caramel synthétique des sodas est fabriqué en faisant réagir les sucres avec de l’ammoniaque et les sulfites, le tout porté à haute températures. Les réactions chimiques entraînent la formation de 2-méthylimidazole et 4 méthylimidazole, des substances qui selon les études menées par le gouvernement entraînent le cancer des poumons, du foie ou de la thyroïde ou la leucémie chez les souris de laboratoire et les rats. »

Le CSPI s’appuie pour formuler ses accusations sur deux études :


L’OEHHA régule

Bureau de l'évaluation des dangers dans l'hygiène de l'environnement

Le Bureau de prévention des risques sanitaires et de l’environnement (OEHHA) a déterminé que 4-méthylimidazole répond aux critères d’inscription pour paraître sur la Proposition 65 (liste des produits chimiques potentiellement cancérigènes). Le 7 janvier 2011, l’Etat de Californie inscrit donc le 4-méthylimidazole dans la Proposition 65.

 

FDA reste prudente

Food and Drug AdministrationJusqu’alors la Food and Drug Administration (organisme des Etats-Unis qui règlemente la mise sur le marché des médicaments et des aliments) défendait l’innocuité des colorants artificiels. Elle devrait remettre à jour ses critères d’évaluation suite à une concertation avec des experts. Treize experts contre un ont exigé des études supplémentaires sur les colorants alimentaires.

« La FDA examinera attentivement la pétition ainsi que les nouvelles données portant sur les risques des substances 2-méthylimidazole et 4-méthylimidazole. En attendant, se basant sur toutes les connaissances scientifiques actuelles, la FDA évalue ce risque, dans le cas d’une exposition prolongée. La FDA n’a aucune raison de croire qu’il existe un danger immédiat ou à court terme dû à la présence de ces substances dans les aliments. »

Par contre la demande du CPSI d’obliger les marques d’aposer des étiquettes d’avertissement a été rejetée.

 

L’EFSA  fiable ?

Autorité européenne de sécurité des alimentsDans un communiqué du 8 mars 2011, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA)  conclue qu’ils ne sont ni cancérigènes, ni génotoxiques.
Par prudence elle a abaissé sensiblement la dose quotidienne absorbable de 300 à 100 mg/kg/jour pour le caramel synthétique. Une grande bouteille de Coca-Cola en contiendrait 200 microgrammes.

Le Dr John Christian Larsen, président du groupe scientifique ANS, a déclaré : « Le groupe scientifique a décidé d’établir une DJA inférieure pour le colorant E150c afin de prendre en compte des incertitudes liées aux effets potentiels sur le système immunitaire de l’un de ses composants, le 2-acétyle-4-tétrahydroxibutylimidazole (THI). Cela signifie qu’au sein de la DJA groupée de 300 mg/kg de poids corporel par jour établie pour les quatre colorants, le colorant E150c ne peut constituer que 100 mg/kg pc/jour »

Seulement, les autorisations de l’EFSA sont fortement remises en cause.
Le  Réseau environnement santé accuse l’EFSA d’avoir autorisé l’aspartame (contenu dans les boissons light et considéré cancérigène) en se basant sur des études scientifiques introuvables :

« L’Efsa n’a jamais eu les études sur lesquelles sont fondées son autorisation ou en tout cas ne les a jamais lues. Dès lors, comment oser rejeter les nouvelles études ?
S’il faut avoir toutes les preuves que ce produit est nocif pour l’interdire, ce n’est plus de la précaution !  »
dixit l’eurodéputée Corinne Lepage.

 

Onze sur vingt experts de la commission additifs alimentaires de l’EFSA ont des conflits d’intérêts. Certains experts ont omis de déclarer qu’ils collaboraient activement avec l’industrie alimentaire dont Coca Cola…selon une enquête du CEO (Corporate Europe Observatory),

Constat intéressant pour comprendre pourquoi les autorités sanitaires traînent des pieds pour retirer du marché des substances à risque pour la santé. Voir le documentaire « Notre poison quotidien » de Marie-Monique Robin qui dévoile les liens entre ces instances et les groupes agro alimentaires.
Les autorités sanitaires laissent le temps aux agro-alimentaires de mettre en place de nouvelles alternatives comme la Stevia qui remplacera l’aspartame.

 

Coca-Cola réplique

Coca Cola

« La déclaration de l’CSPI insinue que le caramel utilisé dans nos boissons est dangereux et réveille malicieusement la peur du cancer chez les consommateurs. En fait, les études montrent que le caramel que nous utilisons ne cause pas le cancer. En outre, le caramel que nous utilisons ne contiennent pas [2-méthylimidazole] alléguées par CSPI.

[4-méthylimidazole] se trouve en quantités infimes dans une grande variété d’aliments et boissons, y compris Coca-Cola. En fait, il se forme normalement dans la « réaction de brunissement » pendant la cuisson, même dans sa propre cuisine.

Ces extrapolations du CSPI sont totalement infondées. Nous avons une responsabilité de contester les déclarations de M. Jacobson et rendre la vérité claire pour le public »

 

American Beverage Association * appuie Coca-Cola

American Beverage Association* Organisation commerciale qui représente les boissons de l’industrie aux Etats-Unis

« Aucune autorité sanitaire dans le monde entier, y compris le Food & Drug Administration, a déclaré que [4-méthylimidazole] est un cancérogène humain. Cette pétition n’est rien de plus qu’une autre tentative d’effrayer les consommateurs par un groupe de plaidoyer  dédié à attaquer l’industrie alimentaire et des boissons… »

« En fait, un groupe de plaignants-Californie (la Ligue des transformateurs d’aliments, American Beverage Association, Grocery Manufacturers Association, et National Coffee Association) a déposé une plainte contre OEHHA pour avoir inscrit  [4 – méthylimidazole] dans la Proposition 65…  »
« L’essentiel est que cette pétition soumise à la FDA par un groupe de militants n’est pas fondée sur une science solide et augmente inutilement les craintes des consommateurs. »

 

Le CPSI compte bien à terme interdire le caramel synthétique dans les sodas : Pepsi, Coca-Cola light, Coca-cola zéro...
Il a déjà réussi à limiter l’utilisation du colorant Violet, le nitrite de sodium et le nitrate de sodium, les sulfites, les huiles végétales partiellement hydrogénées, et le sel.

Les nuits vont être blanches pour Coca-Cola et Pepsi le temps de revoir leur recette de soda.

Si le CPSI s’acharne sur les sodas c’est qu’outre le caramel synthétique, le plus grand défaut de ces boissons est l’excès de sucre qui entraîne l’obésité, le diabète…
Mais il est intéressant de savoir que le colorant caramel est aussi utilisé dans d’autres produits alimentaires : bières, liqueurs, produits boulangers, céréales, sauces, jus de viande etc…

 

Sources :



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